Seize ans après les événements tragiques du 28 septembre 2009, la réparation reste inachevée pour de nombreuses victimes. Alors que 134 personnes seraient encore en attente d’indemnisation parmi les 334 concernées par la décision. A l’occasion de la commémoration de cette tragédie, ce lundi, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen (OGDH) et l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA) ont animé, ce lundi 28 septembre 2026, une conférence de presse consacrée à la situation des victimes.
A travers cette rencontre avec les médias, les trois organisations ont réitéré leur appel aux autorités guinéennes afin que la justice et la réparation soient pleinement garanties et que la lutte contre l’impunité se poursuive.
Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA a salué la détermination des victimes et de leurs familles, qui, malgré les années écoulées, continuent de réclamer justice et réparation.
La question des indemnisations demeure l’un des principaux points de préoccupation soulevés par l’AVIPA. Elle a indiqué que, sur les 334 victimes concernées par la décision d’indemnisation, 200 auraient déjà reçu leur indemnisation, tandis que 134 restent encore dans l’attente.
La présidente de l’AVIPA a également évoqué la situation d’environ 750 victimes recensées et enregistrées par son organisation, avec l’appui de l’OGDH et de la FIDH. Ces organisations souhaitent que ces victimes puissent, elles aussi, bénéficier d’une prise en charge appropriée.
« Nous demandons toujours à l’État de continuer et surtout au président de la République de faire face au reste des victimes qui sont encore dans l’attente », a-t-elle déclaré.
Asmaou Diallo a par ailleurs salué l’engagement des autorités dans la tenue du procès ainsi que les mesures prises en faveur de certaines victimes, notamment pour répondre à leurs besoins sanitaires et à leur vulnérabilité.
La présidente de l’AVIPA a également abordé la question de la réconciliation nationale. À ses yeux, celle-ci ne pourra être pleinement effective sans une réponse aux frustrations persistantes des victimes et de leurs familles.
« On parle de réconciliation nationale dans le pays, mais il faudrait essayer de mettre tout le monde dans le même bain et qu’il y ait moins de frustrations. Tant qu’il y aura des frustrations dans le pays, cette réconciliation sera un peu difficile », a-t-elle souligné.
Malgré les difficultés qui persistent, Asmaou Diallo assure que l’AVIPA et ses partenaires continuent d’accompagner les victimes, notamment dans les domaines de la santé et des activités génératrices de revenus.
Elle explique qu’une grande partie des victimes ont été formées à différentes activités leur permettant aujourd’hui de développer de petits commerces et de disposer de moyens de subsistance.
« Je peux dire que les familles sont tranquilles aujourd’hui et qu’il y a encore de l’espoir », a-t-elle conclu.
Aminata Camara


