Une boutique située dans le quartier Sogbè, à Kankan, a été cambriolée dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’une forte pluie s’abattait sur la ville. Les malfaiteurs, encore non identifiés, se sont introduits dans le commerce en perçant un mur avant d’emporter une importante somme d’argent. Le préjudice est estimé à plus de 200 millions de francs guinéens, selon le propriétaire.
Un nouveau cambriolage vient de secouer le quartier Sogbè, à Kankan. Dans la nuit de dimanche à lundi, des individus non encore identifiés ont profité des fortes pluies pour s’introduire dans la boutique d’Alpha Issiaka Diallo.
Selon le commerçant, sa boutique avait déjà été ciblée à plusieurs reprises. Mais cette fois, les malfaiteurs ont changé de méthode. Alors que les précédentes intrusions se faisaient principalement par la toiture, désormais sécurisée, les auteurs ont choisi de passer directement par un mur.

« Comme on a bien sécurisé maintenant au niveau des toitures, cette fois-ci, ils sont venus casser directement le mur. Ils ont fait un petit trou pour descendre et forcer le comptoir. Ils ont saccagé le comptoir pour emporter l’argent qui s’y trouvait », explique la victime.
Une fois à l’intérieur, les malfaiteurs auraient forcé le comptoir avant de s’emparer de l’argent qui s’y trouvait. Pour Alpha Issiaka Diallo, cette nouvelle intrusion s’inscrit dans une série de cambriolages qui viseraient son commerce depuis plusieurs années, particulièrement pendant la saison des pluies.
« Cela fait trois ans comme ça. Pendant la saison, les bandits viennent ici, comme on dirait, pour casser la boutique et emporter beaucoup d’argent », témoigne-t-il.
Concernant le montant exact de la somme emportée, le commerçant évoque une première estimation de plus de 200 millions de francs guinéens. Il explique qu’une partie importante de cet argent provenait notamment des recettes liées au marché ambulant hebdomadaire, certains clients déposant leurs recettes dans sa boutique après leurs achats.
« Ça peut prendre des centaines et quelques millions », affirme-t-il.
Face à la répétition des cambriolages, Alpha Issiaka Diallo n’exclut pas l’hypothèse d’une personne connaissant bien les lieux et les habitudes du commerce. Il évoque notamment la possibilité que des informations aient pu être communiquées aux auteurs par des travailleurs, sans toutefois désigner de suspect.
« Quand même, la plupart du temps, s’il y a eu des cambriolages, on trouve qu’il y a des connaissances, des éléments qu’ils connaissent. Peut-être que ça peut être des travailleurs », avance-t-il.
À ce stade, aucune accusation formelle n’est portée contre un employé ou une personne précise. Les circonstances exactes du cambriolage et l’identité des auteurs restent à déterminer.
Après avoir constaté les faits, le commerçant affirme avoir alerté les services de sécurité. Il dit s’être rendu à la brigade de recherche, qui l’aurait ensuite orienté vers la police.
« Ce matin, on a été seulement à la brigade de recherche, on les a informés. Ils nous ont dit aussi d’aller à la police pour les informer du cas », rapporte-t-il.
Une enquête devrait permettre d’établir les circonstances exactes de l’intrusion, d’identifier les auteurs présumés et de déterminer le montant précis du préjudice.
Pour Alpha Issiaka Diallo, les périodes de fortes pluies constituent particulièrement un moment de vulnérabilité pour les commerces. Il appelle ainsi les autorités à renforcer les patrouilles dans les zones commerciales, notamment pendant les intempéries.

« Ce que j’ai à dire à l’autorité, c’est de veiller à surveiller les places des clients. Il faut qu’ils fassent sortir les agents, surtout s’il pleut. S’ils voient quelqu’un dehors, ils n’ont qu’à lui demander ce qu’il cherche à cette heure-là », plaide-t-il.
L’enquête devra désormais déterminer comment les auteurs ont opéré et s’ils ont bénéficié d’informations provenant de personnes connaissant les lieux et les habitudes du commerce.
Michel Yaradouno, depuis Kankan


