Le débat sur les exportations d’électricité de la Guinée s’invite jusque dans les échanges entre responsables politiques et membres du gouvernement. Après les interrogations soulevées par le député Ousmane Kaba sur les revenus tirés de la vente du courant aux pays voisins, le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a livré une réponse particulièrement acerbe. Sans désigner explicitement le président du PADES, il a qualifié d’« analphabètes » ceux qui tiennent ce discours.
A l’origine de cette controverse, une interpellation du député Ousmane Kaba adressée à la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, lors d’une récente séance plénière à l’Assemblée nationale. L’ancien ministre de l’Économie et des Finances voulait notamment obtenir des éclaircissements sur les ressources financières générées par les ventes d’électricité à destination du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau.
Pour étayer son interrogation, le président du PADES avait dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction dans la politique énergétique du pays.
« Où sont les recettes d’exportation d’électricité de Guinée ? La Guinée n’exporte pas seulement la bauxite. La Guinée est un grand pays exportateur d’électricité, au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. Voilà un pays très paradoxal qui n’arrive même pas à électrifier correctement sa capitale mais qui vend son électricité à trois autres pays. C’est un grand paradoxe », avait-il déclaré.
Cette sortie n’a manifestement pas été du goût de Morissanda Kouyaté. Face aux membres du corps diplomatique, ce jeudi 5 novembre, le chef de la diplomatie guinéenne a contesté cette présentation de la situation énergétique du pays, en mettant en avant l’état dans lequel le président Mamadi Doumbouya aurait trouvé le secteur à son arrivée au pouvoir.
« Quand le président Doumbouya a pris le pouvoir, il s’est retrouvé devant quoi ? », a-t-il interrogé. Avant d’enchaîner : « Un pays sans électricité. Et il y a des guinéens pour dire devant l’Assemblée nationale que la Guinée est exportatrice de l’électricité pendant qu’elle n’a pas d’électricité, des analphabètes qui ont la peau d’intellectuels ».
Même sans nommer directement Ousmane Kaba, cette déclaration intervient dans le prolongement des critiques formulées par le parlementaire et traduit les divergences de lecture autour de la situation énergétique nationale.
Au-delà de cette passe d’armes verbale, le débat soulève une question économique majeure : quelle est la réalité des revenus issus des exportations d’électricité et quelle part de ces ressources contribue effectivement au financement du secteur énergétique guinéen ? Une interrogation à laquelle les autorités économiques sont encore attendues pour apporter des éclaircissements.
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