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En Guinée, les journalistes sont confrontés à la rétention de l’information publique

Photo d’illustration – (C) Michel Cambon / World Association of News Publishers

Lundi dernier, 3 mai 2021, l’humanité a célébré la journée mondiale de la liberté de la presse avec pour thème : « ‘L’information comme bien public ». En Guinée, ce thème est loin d’être la réalité que vivent de nombreux journalistes sur le terrain. C’est ce qui ressort des entretiens que Ledjely.com a eus avec plusieurs professionnels de la presse en Guinée.

Pour beaucoup de ces reporters, la rétention de l’information, surtout au niveau des autorités publiques, est la réalité la plus palpable mais aussi à laquelle ils sont les plus confrontés. Cette action s’applique des sujets ordinaires à ceux sensibles. Car les répondants se montrent pour la plupart du temps « hostiles » à la presse. « Souvent, il y a des informations qui sont indispensables pour la rédaction d’article, mais il se trouve que ceux qui sont censés nous les donner refusent même d’abord de nous recevoir, à plus forte raison se prêter à nos questions. Ce qui fait que ceux qui ne sont pas très coriaces dans la recherche de l’information donnent souvent des informations qui ne sont pas suffisantes », déplore Siba Guilavogui, directeur de publication du site Nimbanews.org.

Le constat est le même chez Mariam Kanté, journaliste pour le site l’Inquisiteur. Selon elle, que ce soit dans le factuel ou dans l’investigation, ce n’est pas facile d’obtenir des informations auprès des responsables politiques tout comme avec les citoyens qui, souvent, peinent à s’exprimer en face d’un micro. « Parfois, des citoyens veulent s’exprimer mais c’est comme s’il y a une peur qui les en empêche. Ils ne sont pas rassurés ! Cela est assez difficile pour nous, parce que nous ne pouvons pas inventer les informations. Il faut qu’on parte auprès des sources pour recueillir les informations », souligne la jeune reporter.

La situation s’avère plus compliquée au niveau des autorités surtout quand le sujet est sensible. « L’accès à l’information tant chez les autorités que la population n’est pas facile. Et si c’est dans le cadre des enquêtes, il y a des menaces qui surviennent. Les autorités pensent que nous sommes là contre elles. Pourtant, nous contribuons à l’atteinte de leurs objectifs. Parce qu’il y a des choses, si la presse ne les révèle pas, les autorités ne sauront pas… », tente de rassurer Mariam Kanté.

Siba Guilavogui qui partage l’avis de sa consœur souligne que les pouvoirs publics sont dans l’obligation de se prêter aux questions des médias. « C’est une occasion aussi d’alerter les pouvoirs publics pour leur dire que nous ne sommes pas des ennemis. Donc, si un journaliste se présente devant eux, ils sont dans l’obligation de se prêter à ses questions. Ils doivent nous satisfaire en donnant les informations dont nous avons besoin », insiste-t-il.

Même si la loi sur l’accès à l’information publique a déjà été votée à l’Assemblée nationale et promulguée, sa vulgarisation n’est pas encore effective. Le directeur de publication de Nimbanews espère qu’avec cette loi les autorités finiront par prendre conscience de la nécessité de se prêter aux questions des journalistes.

Bangaly Condé, reporter de la radio nationale et correspondant de la Deutsche Welle en Guinée, qui rencontre également des difficultés dans l’obtention de l’information, va plus loin. « L’information n’attend pas (…) Il faut vraiment une loi qui permet aux journalistes d’intenter une action judiciaire contre les responsables administratifs qui refusent de donner l’information, parce que la rétention de l’information est une réalité en Guinée », explique le journaliste.

Elisabeth Zézé Guilavogui

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