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Mariama Sylla, femme handicapée : « Nous demandons au Gouvernement de nous considérer… »

C’est l’une des particularités de la célébration de la journée internationale des droits de la femme, en Guinée. En effet, cette année, les femmes handicapées ont pris part à la célébration officielle, en prenant notamment part à la mobilisation sur l’esplanade du palais du peuple. Et à l’occasion, interrogées par le reporter du Djely, elles ont adressé des doléances au gouvernement et au président de la Transition. Globalement, leurs revendications tournent autour de la prise en compte via un appui qui leur permettrait de sortir du cercle vicieux de la mendicité.

Marima Sylla, femme handicapée est mère célibataire de 4 enfants. Elle vit dans la rue depuis qu’elle a été déguerpie de son abri de fortune qu’elle occupait au Bloc des professeurs dans la commune de Dixinn. Elle interpelle les autorités : « Je demande au gouvernement de nous considérer comme tout autre Guinéen.  Que nous ayons nos droits comme autres. Vous savez, pour nous procurer quoi que ce soit, il nous faut faire la mendicité. Nous voulons notre insertion dans les activités. Nous avons nos enfants qui étudient sans soutien, nous n’avons aucune considération aux yeux du gouvernement. Depuis qu’on est parti nous déloger au Bloc des professeurs de Donka, nous n’avons pas où dormir. Nous passons la nuit à la belle étoile. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous sommes dans la rue. C’est dégradant que voir de voir une colonie de personnes handicapés entassées la rue. »

A la question de savoir pourquoi ne se rend-elle pas la Cité Solidarité de Taouyah, Mariama répond : « Il n’y a pas de places là-bas. Par le passé, on a été dans cette cité, mais pendant un an, on passait la nuit dehors et finalement on a quitté pour venir rester dans la rue. Nous demandons au colonel Mamadi Doumbouya de faire face à nos problèmes, de trouver de l’emploi pour nos enfants ».

Yakha Soumah, elle commence par saluer le fait que les femmes handicapées aient été associées à la célébration de cette année. « Mais nous demandons au gouvernement de nous venir en aide.  Moi personnellement je suis couturière et je fais aussi la saponification. Mais malheureusement je n’ai pas d’atelier, par manque de moyens. Et actuellement, mon premier souci c’est de trouver un atelier. Nos amis handicapés qui étaient au Bloc des professeurs de Donka ont été déguerpis et n’ont pas où dormir. De nos jours, nos enfants n’ont pas où dormir pour pouvoir aller à l’école », implore-t-elle.

Fatoumata Sylla, elle aussi, salue que le gouvernement ait pensé offrir des « uniformes aux femmes handicapées pour prendre part à cette fête ». Mais elle en a également de la vie de mendiante qu’elle mène. « Qu’on nous trouve un endroit digne de nom. Ce n’est pas avec plaisir que nous sommes dans la rue, ce sont plutôt des circonstances. Certaines parmi nous sont des veuves, d’autres ont des maris handicapés. Pour trouver quoi manger, on est obligé de mendier. Nous ne pouvons pas aller à la cité de solidarité parce qu’il y a plus de places et on est venu rester ici sous le pont de Donka », indique-t-elle.

Fatou Kaba est également une victime du déguerpissement intervenu au Bloc des professeurs. A l’instar des autres, elle squatte le pont de Donka.  « Je voudrais dire au colonel Mamadi Doumbouya que les femmes handicapées souffrent. Nous sommes dans la rue sans aucune aide. Nous étions avant au Bloc des professeurs, mais présentement nous passons la nuit sous le pont de Donka. Là aussi, les policiers viennent nous déguerpir à tout moment. Nous disons au colonel Mamadi Doumbouya que nous sommes aussi des Guinéennes, c’est la pauvreté qui a fait qu’on s’est retrouvées dans la rue pour mendier. On ne peut pas payer le loyer qui est très cher avec les fortes avances qu’on réclame », se plaint-elle.

Propos recueillis par Fodé Soumah

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