Le Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée a lancé, ce samedi 15 août, les Consultations nationales des jeunes filles. Pendant deux jours, cent adolescentes venues des villes, villages, montagnes et plaines du pays se réunissent pour « raconter leurs histoires, partager leurs rêves et proposer des solutions » afin de bâtir une Guinée plus juste et inclusive.
Présidée par la ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, la rencontre a réuni acteurs sociaux, associations de défense des droits des femmes et des enfants, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Objectif : faire entendre les priorités et réalités des filles jusqu’aux plus hauts niveaux de décision, et influencer les politiques nationales et régionales.

Oumou Khairi Diallo, directrice exécutive du Club, a ouvert la rencontre par un message d’engagement. « En Guinée et ailleurs, nombreuses sont ces jeunes filles qui portent sur leurs épaules le poids de violences qu’elles n’ont pas choisies. Ce n’est ni juste, ni une fatalité et donc ne saurait perdurer dans une société qui s’émancipe chaque jour. C’est pourquoi, aujourd’hui, ici, dans cette salle, nous refusons de rester dans l’ombre. Nous refusons de porter l’étiquette de victimes », a-t-elle déclaré.
Elle a insisté sur le rôle actif des participantes. « Nous sommes ici pour réfléchir, proposer et agir. Les jeunes filles présentes ne sont pas seulement des participantes, elles sont des actrices du changement, venues partager leurs expériences, leurs aspirations et leurs propositions. Aujourd’hui, nous nous tenons debout. Nous reprenons notre place de citoyennes libres, libres de s’exprimer , conscientes d’être écoutées, et capables d’influencer les décisions sociétales et les politiques publiques qui façonnent notre avenir , par nos voix, nos propositions et aussi nos actions . Aujourd’hui, nous démarrons les Consultations nationales des jeunes filles. Ce moment est bien plus qu’un événement : c’est un espace d’expression, de vérité et d’engagement collectif », a-t-elle souligné.

Ces consultations permettent de :
- faire entendre et de faire comprendre leurs priorités ainsi que leurs réalités jusqu’aux plus hauts niveaux de prise de décisions ;
- d’identifier ensemble des solutions concrètes, issues de le leurs propres expériences ;
- garantir que ces propositions nourrissent l’ Agenda Régional des Droits des Filles et s’intègrent dans les politiques régionales et nationales.
Pour la représentante de l’UNICEF, Maddalena Bertolotti la portée de cet événement dépasse les murs de la salle.
« Chères adolescentes, si vous êtes ici, c’est parce que vous portez bien plus que votre propre voix. Vous êtes les ambassadrices de vos communautés. Ce que vous direz ici peut influencer des lois, des programmes et des décisions qui changeront la vie de milliers d’autres filles. N’ayez pas peur de demander ce qui est juste », a-t-elle laissé entendre.
Elle a pris, au nom des Nations Unies, trois engagements : « Vous écouter, vraiment ; agir concrètement sur la base de vos recommandations ; et rendre des comptes à vous, les filles ».

De son côté, la ministre de la Promotion féminine a encouragé les participantes à être forces de propositions.
« Vous êtes ici non pas pour écouter passivement, mais pour proposer, interpeller et inspirer. Vos témoignages sont la matière première de tous les programmes et projets que nous mettrons en place pour vous protéger, pour vous accompagner et vous soutenir davantage. Notre devoir en tant qu’autorité est clair, vous écouter avec attention, traduire vos recommandations en mesures concrètes et intégrer ces priorités dans un cadre harmonisé qui permettra de suivre les progrès et de rendre compte des résultats », a-t-elle indiqué.
Elle a pris l’engagement de mettre en place « un cadre de coordination des acteurs gouvernementaux, des partenaires et de la société civile avec des réunions trimestrielles », d’aligner les projets et financements sur des priorités communes telles que « l’éducation, la protection, la santé sexuelle et reproductive et l’autonomisation », et de « publier chaque année des résultats sur les droits des filles ».
Plus qu’un simple rendez-vous, ces consultations sont pour les organisateurs « un espace d’expression, de vérité et d’engagement collectif » où chaque voix compte et chaque proposition peut devenir moteur de changement.
N’Famoussa Siby


