La tension est montée d’un cran ce lundi 16 février au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, lors de la poursuite du procès des événements du 28 septembre 2009. À la barre, plusieurs parties civiles ont livré des récits poignants, évoquant sévices, violences et traumatismes subis au stade le 28 septembre 2009. Mais au sortir de l’audience, la défense du Colonel Bienvenu Lamah, par la voix de Me Mathieu Zézé Kalivogui, a vivement contesté la régularité de certains documents versés au dossier.
L’avocat affirme avoir relevé des incohérences dans plusieurs pièces produites, notamment des documents médicaux qu’il juge irréguliers.
« Nous remarquons que la plupart des partis civils qui viennent aujourd’hui viennent avec des documents entachés de faux. C’est ce qui nous désole. On ne peut pas profiter d’un procès aussi important que celui du 28 septembre pour tenter de s’enrichir illicitement. Ce qui fait que les jours à venir, nous allons engager des poursuites contre des structures sanitaires qui continuent à délivrer des documents médicaux aux citoyens », a-t-il indiqué.
Au-delà des documents médicaux, la défense dit s’interroger également sur certaines représentations à la barre. Me Kalivogui souligne que, jusqu’à présent, aucun des témoignages entendus ne met en cause son client.
« Jusque-là, notre client est serein toutes ces parties civiles ou ces prétendues parties civiles qui passent ou qui défilent, personne ne mentionne son nom, en quelque manière que ce soit. Et il y a un autre aspect que nous dénonçons, c’est lorsque des personnes viennent à titre de représentation, viennent dire que je viens représenter mon papa qui était au stade où il a rendu l’âme et qui présente des extraits de naissance qui ne datent que de 2025 et qui présente des documents médicaux dont le médecin n’est pas signataire. Ce n’est quand même pas normal et c’est pourquoi les jours à venir, nous allons nous entretenir avec notre client parce que nous allons commencer à déposer des plaintes contre… ce genre de comportement », a-t-il déclaré.
Alors que les témoignages se poursuivent, la défense brandit désormais la menace de poursuites pour fausses déclarations et production de pièces jugées irrégulières. Une nouvelle séquence qui pourrait ouvrir un autre front judiciaire en marge de ce procès historique.
Aminata Camara


