ledjely
Accueil » Venezuela : une illustration parfaite de la ‘’malédiction des ressources naturelles’’
ActualitésInternationalMonde

Venezuela : une illustration parfaite de la ‘’malédiction des ressources naturelles’’

Le Venezuela, autrefois surnommé la « petite Venise » pour ses promesses de prospérité, demeure aujourd’hui le cas d’école le plus déchirant de ce que les économistes appellent le paradoxe de l’abondance. A Caracas, en ce mois de janvier 2026, l’air semble plus lourd qu’à l’accoutumée. Derrière les chiffres froids de l’économie se cachent des visages marqués par une décennie de privations. Comment ce peuple, assis sur les plus grandes réserves pétrolières du globe, a-t-il pu voir son quotidien s’effondrer jusqu’à devenir l’un des plus précaires du continent ?

Pour comprendre ce séisme, il faut se rappeler que sous les pieds des Vénézuéliens dorment 303 milliards de barils de pétrole et des montagnes d’or. Pourtant, cette richesse n’est plus qu’un concept abstrait pour le citoyen moyen. Le pays vit avec un PIB stagnant autour de 82 milliards de dollars, tandis que l’inflation a longtemps transformé le simple achat d’une miche de pain en un défi logistique. Politiquement, le pays est cadenassé, porté par une rente pétrolière qui ne servait plus qu’à maintenir un système à bout de souffle.

Depuis son divorce d’avec la Grande Colombie en 1830, le Venezuela a vu défiler à sa tête plus de 80 présidents, un chiffre vertigineux qui cache une réalité brutale : le palais de Miraflores a plus souvent été le trophée de généraux et de putschistes que le siège d’une continuité républicaine. Cette instabilité chronique a méthodiquement saboté l’avenir d’une nation pourtant bénie par la géographie.

L’arrestation de Nicolás Maduro, orchestrée par Washington, a été vécue dans les quartiers de Caracas et perçue par le monde entier comme une véritable invasion économique et politique. En capturant le chef de l’État, les États-Unis fortifient leur passion du pétrole, ils ont pris le contrôle des vannes financières du pays. Pour beaucoup, c’est la mainmise brutale d’une puissance étrangère sur les leviers du pétrole, une tutelle qui impose sa loi sur les ressources souveraines de la nation sous couvert de rétablir l’ordre.

Cette « malédiction » a un visage humain : celui des familles brisées. Si le pays s’enorgueillit toujours d’un taux d’alphabétisation de 97 %, les salles de classe sont souvent vides. Plus de 7,7 millions des 28 millions de Vénézuéliens ont pris les routes de l’exil, emportant avec eux les rêves et les compétences d’une génération entière. Dans les familles, la bénédiction c’est d’avoir un membre à l’étranger. Il y a ceux qui tiennent grace aux dollars envoyés par un fils expatrié, et ceux, majoritaires, qui attendent un sac de nourriture de l’Etat pour survivre.

L’Indice de Développement Humain, autrefois une fierté nationale, s’est érodé au point que la richesse du sous-sol semble n’être devenue qu’un fardeau pour ceux qui vivent au-dessus. Sortir de la malédiction exigera bien plus que des investissements : il faudra réapprendre à cultiver la terre, à bâtir des usines et, surtout, à transformer cette richesse souterraine en une dignité réelle pour chaque foyer.

Thierno Amadou Diallo

Articles Similaires

Relaxe prononcée, mais liberté refusée au Dr Ibrahima Kourouma

LEDJELY.COM

Gueckédou : Kandia Mara déclare la guerre aux feux de brousse et à la coupe du bois

LEDJELY.COM

Sports : Cellou Baldé annonce l’heure des vérités et du grand diagnostic

LEDJELY.COM

Marché Km36 : quand la détresse des vendeuses vire à la confrontation

LEDJELY.COM

Nuit d’angoisse à Boké : un incendie frappe la Cathédrale Sacré-Cœur de Jésus

LEDJELY.COM

Gabon : la HAC suspend les réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre

LEDJELY.COM
Chargement....