À Boké, la situation devient critique pour de nombreux salariés. Depuis plusieurs jours, les banques et plusieurs points de retrait Orange Money de la commune urbaine sont à court de liquidités. Conséquence : des travailleurs incapables de toucher leurs salaires, bien que leurs virements aient été effectués par leurs employeurs.
Pour beaucoup, cette crise devient insoutenable, surtout en ce mois de Ramadan où les dépenses familiales explosent.
Virés pour la plupart depuis le 25 février, de nombreux employés n’ont toujours pas perçu leur argent. Certains ont pu retirer une petite partie de leur salaire, mais d’autres patientent chaque jour devant les banques, dans l’espoir d’être enfin servis.
Rencontré devant une agence bancaire, Ibrahima Bah, épuisé par plusieurs jours d’attente, exprime sa colère : « C’est trop frustrant. On est payé, mais tu fais la moitié du mois sans recevoir ton salaire, c’est vraiment difficile. Depuis trois jours je passe la journée devant cette banque mais c’est impossible. Même aujourd’hui je ne pense pas pouvoir retirer. Je suis obligé d’aller à Forécariah pour tenter ma chance là-bas ».
La pression devant certaines agences est telle que des tentes ont dû être installées pour accueillir les clients, contraints de patienter des heures, parfois sous le soleil, dans l’espoir de toucher leur argent.
Pour Alhassane Camara, venu de Dapilon, la situation s’accompagnerait de pratiques qu’il juge « inacceptables ». « Les agents à la porte prennent parfois 100 000 francs avec nous. Mais quand tu viens, ils font passer d’autres personnes qui donnent plus d’argent ou leurs connaissances. C’est vraiment compliqué », affirme-t-il.
À Boké, la crise de liquidité touche désormais tout le système bancaire local. Dans plusieurs établissements, les retraits sont limités à de petites sommes, pénalisant lourdement les travailleurs qui dépendent de leur salaire pour leurs dépenses quotidiennes.
Face à cette situation alarmante, les citoyens lancent un appel pressant aux autorités. « Nous demandons au Président de la République de nous venir en aide. La situation devient vraiment très difficile pour les travailleurs », lance un client devant une banque.
À quelques jours de la fête marquant la fin du Ramadan et du Carême chrétien, l’inquiétude grandit. Sans accès à leurs salaires, de nombreuses familles redoutent de ne pas pouvoir faire face aux dépenses de cette période.
Mamadou BAH, depuis Boké




