Interdite en Guinée depuis janvier 2021 à travers un arrêté conjoint des ministères du Budget, du Commerce, de la Sécurité et de la Protection civile, la chicha continue pourtant de circuler librement dans certaines localités. Cette décision visait à protéger la santé des jeunes, exposés à des risques jugés graves. Les autorités judiciaires annoncent des actions contre la consommation et la vente de la chicha.
À Gueckédou, force est de constater que cet arrêté est largement ignoré. La vente et la consommation de chicha se déroulent à ciel ouvert, en toute banalité, malgré les conséquences sanitaires importantes qu’elle entraîne chez les consommateurs.
Face à l’ampleur du phénomène, le procureur près le tribunal de première instance de Gueckédou, Patrice Koma Koivogui, hausse le ton. Il rappelle que la mesure d’interdiction reste pleinement en vigueur.
« Je ne prends pas cette décision par populisme. C’est déjà un acte qui interdit cela depuis le temps du régime d’Alpha Condé. Il y a une interdiction purement et simplement de la commercialisation et de la consommation de la chicha. Cette décision qui n’est pas encore abrogée est de nos jours en vigueur », a-t-il martelé.
Selon le magistrat, la persistance de cette pratique s’explique notamment par l’absence de sanctions contre les contrevenants.
« Pour certaines personnes, puisqu’elles ne sont pas encore inquiétées, elles pensent que la décision n’est pas applicable. Mais ce que je peux leur dire, elles doivent comprendre maintenant que cette décision reste en vigueur et applicable », a-t-il averti.
Dans sa communication, le procureur a également dénoncé des pratiques encore plus préoccupantes, notamment le mélange de la chicha avec des substances prohibées.
« Vous conviendrez avec moi que certaines personnes utilisent la chicha mais mélangée avec d’autres produits prohibés notamment des comprimés. Parfois même, d’autres utilisent aussi du chanvre indien, ce qui est formellement interdit. C’est pourquoi, à l’approche de ces fêtes, nous avons pris la décision de mettre fin à la consommation de ce produit prohibé », a-t-il déclaré.
La consommation de la chicha comporte pourtant de nombreux risques pour la santé et le bien-être, en particulier chez les jeunes, qui en sont les principaux adeptes.
Niouma Thèdan Kamadou Kamano pour ledjely.com




