La justice serre la vis contre le marché noir du carburant à Guéckédou. Alors que le prix du litre d’essence s’est envolé ces dernières semaines, atteignant entre 15 000 et 20 000 francs guinéens sur le marché parallèle, le parquet a engagé une vaste opération de répression contre les vendeurs clandestins. À l’issue d’une procédure judiciaire, douze personnes ont été condamnées à des peines de prison allant de six mois à un an, tandis que deux autres ont été relaxées faute de preuves.
Rencontré ce vendredi 26 juin 2026, le procureur près le tribunal de première instance de Guéckédou, Patrice Koma Koivogui, est revenu sur les circonstances de cette opération.
« Ce sont des personnes qui ont été interpellées en lien avec l’opération qu’on a déclenchée dans le cadre de la lutte contre la vente illégale du carburant sur le marché noir. Cette opération a été déclenchée le lundi et ça nous a permis au moins d’interpeller 14 personnes. Les 14 personnes ont été régulièrement entendues à la brigade de recherches de Guéckédou puis déférées à notre parquet et placées sous mandat de dépôt. Hier jeudi, elles ont comparu par-devant notre tribunal pour être situées sur leur sort. Au cours des débats, il a été acquis que la plupart des suspects qui ont été interpellés ont effectivement reconnu les faits pour lesquels ils étaient par-devant le tribunal », a déclaré le procureur.
Revenant sur les décisions rendues par le tribunal, Patrice Koma Koivogui a précisé : « Au finish, ceux qui ont reconnu, les décisions sont allées de 6 mois de prison assortis de sursis jusqu’à 1 an dont 10 mois assortis de sursis pour certains, avec des peines d’amende. Et dans le groupe, il y a deux personnes qui ont bénéficié de la relaxe faute de preuves à leur encontre ».
Le procureur a également affiché sa détermination à mettre fin à la flambée des prix du carburant sur le marché noir et a annoncé un durcissement des contrôles.
« Nous promettons aux populations que désormais, nous veillerons au grain pour que le carburant qui vient à leur compte ici soit vendu au prix indiqué par l’État. Et aux délinquants, nous leur disons que nous n’allons pas nous fatiguer de les traquer et les traduire par-devant le parquet. Désormais, dans la commune urbaine, nous avons pris la décision d’interdire la vente du carburant sur le marché noir. Tous les détenteurs d’engins roulants doivent se procurer du carburant dans les stations de pompage. Seuls les détenteurs de garages de soudure, des entreprises qui ont des groupes électrogènes sont autorisés à utiliser des bidons, mais à condition qu’ils passent par le tribunal qui va leur délivrer un ticket. C’est la même chose pour les vendeurs agréés par la SONAP, qui sont autorisés à servir les communes rurales en carburant », a ajouté Patrice Koma Koivogui.
Niouma Thèdan Kamadou Kamano


