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Adama Barrow à Conakry : ce qu’il faut retenir de sa rencontre avec Doumbouya

En visite de quelques heures à Conakry ce mercredi 2 septembre 2026, le président gambien Adama Barrow a échangé avec son homologue guinéen Mamadi Doumbouya, au palais Mohammed V. Au cœur des discussions : le renforcement des relations bilatérales, l’énergie, les investissements, la sécurité et l’intégration régionale.

Le président gambien Adama Barrow a effectué, ce mercredi 2 septembre 2026, une visite de travail de quelques heures à Conakry. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de coopération entre la Guinée et la Gambie.

Accueilli au palais présidentiel par son homologue guinéen, le général Mamadi Doumbouya, Adama Barrow a eu un entretien avec le chef de l’État guinéen autour de plusieurs sujets d’intérêt commun. Les échanges ont notamment porté sur les relations bilatérales, les enjeux sous-régionaux et régionaux, mais également sur les perspectives de coopération dans plusieurs secteurs stratégiques.

C’est le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, qui a donné lecture du communiqué conjoint sanctionnant la rencontre.

« Au cours de la visite, les deux chefs d’État ont eu des entretiens cordiaux et fraternels, constructifs sur les relations bilatérales, l’actualité sous-régionale, régionale et internationale, ainsi que sur les questions d’intérêts communs. Les deux dirigeants se sont félicités de l’excellence des relations historiques d’amitié et de coopération entre les deux pays, fondées sur les principes de respect mutuel, de solidarité, de souveraineté et d’intérêts partagés », a-t-il martelé.

Selon Dr Morissanda Kouyaté, le président gambien Adama Barrow a hautement salué la dynamique de transformation et de développement engagée par la République de Guinée, notamment à travers le programme Simandou 2040, qu’il considère comme une initiative africaine porteuse d’opportunités importantes de croissance, d’intégration économique et de coopération régionale.

Une dynamique que les deux dirigeants souhaitent désormais traduire en actions concrètes.

« Les deux chefs d’État ont convenu d’imprimer une nouvelle dynamique aux relations bilatérales au regard du potentiel économique, commercial, humain et culturel important dont disposent les deux pays. À cet effet, ils ont instruit leurs ministres respectifs, chargés des Affaires étrangères, d’établir un cadre permanent de concertation et de mécanisme de suivi de la coopération bilatérale à travers l’ouverture de missions diplomatiques en vue notamment d’assurer la mise en œuvre effective des décisions prises au plus haut niveau », a-t-il souligné.

Au-delà des relations diplomatiques, Conakry et Banjul affichent désormais l’ambition d’élargir leur coopération à des secteurs jugés stratégiques.

Les deux présidents ont ainsi instruit leurs gouvernements respectifs d’œuvrer à l’établissement d’un partenariat stratégique entre la République de Guinée et la République de Gambie. Celui-ci devrait couvrir notamment la défense, la sécurité, les transports, le commerce, les mines, l’énergie et les hydrocarbures, l’agriculture, l’élevage, la pêche, les infrastructures, le tourisme, la culture ainsi que l’éducation et la formation professionnelle.

Les deux dirigeants veulent également donner davantage de place au secteur privé dans cette nouvelle dynamique.

Ils ont, à cet effet, encouragé le renforcement des contacts entre les communautés d’affaires, les chambres de commerce, les organisations patronales et les acteurs du secteur privé des deux pays, afin de favoriser de nouvelles opportunités d’affaires et de contribuer au développement des chaînes de valeur régionales.

La situation des ressortissants guinéens vivant en Gambie et des Gambiens établis en Guinée a également retenu l’attention des deux chefs d’État. Les deux communautés constituent, selon le communiqué conjoint, un important trait d’union entre les deux peuples.

«  Les deux chefs d’État ont convenu de renforcer la protection des droits et des intérêts légitimes des ressources puissantes des deux pays résidant sur leurs territoires respectifs conformément à la législation nationale et aux engagements internationaux auxquels leurs États sont parties. Ils ont également encouragé les autorités compétentes des deux pays à renforcer leur coopération en matière consulaire, migratoire, administrative et sociale concernant la délivrance de documents administratifs, la circulation des personnes, la protection des ressortissants, la lutte contre la traite des êtres humains ainsi que la facilitation des processus de retour volontaire et de réintégration », a-t-il expliqué.

Au niveau sous-régional, les deux chefs d’État ont procédé à un large échange de vues sur la situation en Afrique de l’Ouest. Ils ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix, de la stabilité, de la sécurité et du développement économique de la sous-région.

« Ils ont exprimé leurs préoccupations face à la persistance des menaces sécuritaires, notamment la circulation illicite des armes légères et de petit calibre, le terrorisme, l’extrémisme, la criminalité transnationale organisée et toutes les formes de trafic susceptibles de compromettre la paix et la stabilité des États de la sous-région. Les deux chefs d’État ont souligné l’importance du renforcement de l’intégration et de la coopération régionale au sein de la CEDEAO et de l’Union africaine et ont exprimé leur détermination à contribuer aux efforts visant à promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité sur le continent », a-t-il déclaré.

Sur la scène internationale, Conakry et Banjul affichent également une position commune face à la multiplication des crises et des conflits.

« Au niveau international, les deux chefs d’État ont exprimé leurs vives préoccupations face à la persistance de nombreux foyers de tensions et conflits à travers le monde et ont rappelé au règlement pacifique des différends, conformément au principe de la Charte des Nations unies et du droit international. Les deux chefs d’État ont convenu de renforcer la coordination et l’appui mutuel au sein de l’Organisation des Nations unies, de l’Union africaine, de la CEDEAO, de l’Organisation de la coopération islamique et d’autres organisations internationales et régionales sur les questions d’intérêt commun », a-t-il indiqué.

Siby

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