Le bras de fer se durcit dans le secteur de la pêche industrielle en Guinée. Les marins-pêcheurs ont maintenu leur mouvement de protestation ce jeudi 3 septembre au débarcadère de Boulbinet, à Kaloum, refusant toute reprise des activités en mer après l’échec des négociations engagées la veille. Ils exigent une revalorisation de leurs conditions de travail et de leur rémunération et préviennent : « Ils ne sortiront pas tant que les négociations ne sont pas bouclées ».
Selon les représentants des marins, les discussions engagées la veille n’ont pas permis de répondre à leurs principales demandes. Pour Ibrahima Lala Dramé, porte-parole des marins-pêcheurs de Guinée, l’offre formulée par la partie adverse reste insuffisante.
« Les négociations n’ont pas donné de fruit, parce que les marins n’ont pas obtenu gain de cause sur leurs revendications. On demande encore de faire plus d’efforts pour être satisfaits », a-t-il fait savoir.
Le porte-parole estime que les propositions formulées restent en deçà des attentes des travailleurs, malgré une première revalorisation proposée au cours des négociations.
« La demande qui a été faite n’a pas été satisfaite. Ils ont proposé, mais ça ne fait pas l’affaire. Ils ont augmenté de 500 000 sur les revendications, ce qui est trop bas. On veut qu’ils fassent encore plus d’efforts et qu’ils remontent encore, parce que les négociations sont ouvertes. Donc, il faut augmenter un peu, sinon on ne reprend pas les activités », a-t-il expliqué.

Face à l’absence d’accord, les marins ont décidé de maintenir leur mot d’ordre et de suspendre les sorties en mer jusqu’à la conclusion des négociations.
Dans la journée, leurs représentants se sont également rendus auprès des navires afin de vérifier qu’aucun marin n’avait repris les activités malgré le mot d’ordre.
« Tout à l’heure, nous étions partis revoir les navires pour vérifier s’il n’y avait pas d’autres personnes qui étaient parties s’embarquer à bord des navires, comme on nous l’a dit hier. Tant qu’on ne tombera pas d’accord, personne ne va embarquer, aucun marin n’ira dans les navires », a-t-il fait savoir.
Ibrahima Lala Dramé précise que cette démarche visait également à s’assurer du respect des consignes et à éviter toute reprise isolée des activités.
« Donc, pour une mesure de sécurité, une certitude, pour voir qu’on est tous ensemble, on allait voir et faire un tour dans les différentes institutions, débarquer ceux qui étaient à bord. Il n’y aura pas de sortie jusqu’à la fin de notre négociation », a-t-il précisé.
Les représentants des marins-pêcheurs reconnaissent avoir reçu une proposition de la partie adverse, mais indiquent l’avoir rejetée, estimant qu’elle ne répond pas encore aux revendications formulées.
« Ils nous ont fait une offre, mais nous l’avons rejetée. Pour le moment, on attend de voir si on peut s’entendre sur une chose », a-t-il déclaré.
Malgré ce bras de fer, le porte-parole salue la discipline observée par les marins depuis le début de la mobilisation. Il affirme que la majorité d’entre eux ont respecté le mot d’ordre de suspension des activités.

« Je tire mon chapeau aux différents marins, à mes collègues qui ont respecté le mot d’ordre. Et comme vous le savez tous, on était allés juste pour une mesure de sécurité, une certitude, pour voir s’il n’y avait pas quelqu’un. Comme vous l’avez constaté vous-même, vous avez vu qu’il y en a quelques-uns dans les différents bureaux. Il n’y en a pas plus de deux ou trois sur une vingtaine », a-t-il ajouté.
Pour les marins-pêcheurs, la mobilisation devrait donc se poursuivre jusqu’à l’obtention d’un accord jugé satisfaisant. Le porte-parole maintient la pression tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des discussions.
« Ils ne sortiront pas tant que les négociations ne sont pas bouclées », a-t-il conclu.
Aminata Camara


