Les réseaux sociaux s’invitent au cœur des préoccupations de l’Armée de Terre. À Conakry, le général de division Abdoulaye Keïta a multiplié les mises en garde auprès des militaires, insistant sur les risques liés à la diffusion d’images, de vidéos ou d’informations susceptibles de compromettre la confidentialité et la sécurité des activités militaires.
Le Bataillon spécial de Conakry, le Bataillon du génie militaire et les militaires du camp Camayenne ont reçu la visite du chef d’état-major. Au cours de ces rencontres, le général de division Abdoulaye Keïta a échangé avec les soldats sur leurs habitudes en matière d’utilisation d’Internet et sur les précautions à prendre pour éviter toute divulgation d’informations sensibles.
Pour le responsable militaire, le comportement d’un soldat sur les réseaux sociaux ne relève pas uniquement de la sphère privée. Chaque militaire est appelé à préserver l’image de son unité et celle de l’Armée de Terre dans son ensemble.
Cette exigence implique notamment le respect du devoir de réserve, la protection des données sensibles et la confidentialité des informations relatives aux opérations et aux activités des forces de défense.
Le général de division Aboulaye Keïta a également attiré l’attention de ses interlocuteurs sur les risques d’approches malveillantes sur Internet, notamment les tentatives d’usurpation d’identité ou de récupération d’informations.
«Respectez la confidentialité des informations. Quand l’information est confidentielle, il faut respecter cela. Tu ne dois pas diffuser quelque chose de confidentiel. Si vous publiez et qu’on remonte, il s’avère que c’est parti de vous, vous vous exposer aux conséquences qu’on va vous donner. Adoptez en permanence un comportement digne des valeurs de l’Armée de Terre. Vous êtes un militaire, vous n’êtes pas un civil. Si vous devez le faire, référez-vous à votre hiérarchie», a-t-il indiqué.
Autre point soulevé lors de cette tournée : la diffusion non autorisée de photographies et de vidéos prises dans le cadre des activités militaires. Le chef d’état-major a invité les soldats à mesurer les conséquences potentielles de chaque contenu partagé sur Internet.
« On est militaire, on vous dit de s’abstenir, de publier des informations, on a dit des informations dont vous savez : les images ou vidéos relatives aux activités militaires, sans autorisation. Les images que vous publier, que vous envoyez sur Internet, vous ne savez pas à qui ça va, ainsi de suite vous vous vendez, vous vendez votre unité, vous vendez votre corporation sans vous rendre compte», a-t-il martelé.
Au-delà de la simple communication, la hiérarchie militaire entend ainsi faire de la prudence numérique un réflexe chez les soldats. Une publication apparemment anodine peut en effet révéler l’identité d’un militaire, la localisation d’une unité, le déroulement d’une mission ou certains éléments liés à l’environnement opérationnel.
La sensibilisation menée dans les unités de la capitale vise donc à renforcer la discipline numérique au sein de l’Armée de Terre. Pour la hiérarchie, la protection des informations militaires passe aussi par la responsabilité individuelle de chaque soldat derrière son écran.
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