Au lendemain du nouvel éboulement meurtrier survenu à la décharge de Dar-es-Salam, les autorités guinéennes passent à l’offensive. Très tôt ce lundi matin, les engins de la Direction nationale de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme (DATU) sont entrés en action pour démolir les installations considérées comme anarchiques et libérer les espaces situés dans le périmètre à risque.
Sur le terrain, le ballet des engins et des équipes mobilisées contraste avec l’atmosphère encore marquée par le drame. Accompagnées des autorités sécuritaires et locales, les équipes de la DATU ont entamé une opération de déguerpissement visant les habitations et installations implantées autour de la décharge.
Selon le chef de la section contrôle des opérations urbaines à la DATU, l’architecte Seydou Cissé, cette intervention intervient après plusieurs opérations de sensibilisation et de balisage menées en amont.
« On a débuté les opérations de déguerpissement ce matin. Avant aujourd’hui, nous avons procédé, il y a plusieurs moments, voire même plusieurs jours, à des opérations de sensibilisation et de balisage de la zone d’intervention. Et aujourd’hui, cela se concrétise par le déguerpissement accompagné de toutes les autorités, que ça soit sécuritaires, locales, et la presse bien sûr », a-t-il expliqué.
Les premières interventions ont notamment concerné le site du radar, où plusieurs installations ont été identifiées à l’intérieur du périmètre de la décharge.
« Cette opération a commencé ce matin à travers le site du radar. Toutes les installations anarchiques qui portent le radar aujourd’hui sont en cours de déguerpissement conformément aux instructions de la hiérarchie », a précisé Seydou Cissé.

L’opération ne devrait pas s’arrêter aux premières installations ciblées. Les équipes annoncent vouloir poursuivre progressivement le déguerpissement jusqu’aux derniers campements présents dans la zone.
« Les opérations vont continuer jusqu’au dernier camp de ghetto abritant le site », a ajouté le responsable de la DATU.
Sur le terrain, les autorités précisent toutefois que leurs interventions restent, pour le moment, strictement encadrées par les instructions de leur hiérarchie. Toute extension à d’autres secteurs dépendra de nouvelles directives.
« Pour le moment, nous nous en tenons aux instructions reçues par la hiérarchie. Nous sommes dans l’enceinte du périmètre de la décharge. S’il y a d’autres interventions plus tard, la décision viendra et nous allons nous exécuter », a indiqué l’architecte Seydou Cissé.
Cette opération intervient dans un contexte particulièrement tendu, au lendemain d’un nouvel éboulement qui a fait plusieurs victimes à Dar-es-Salam. Le drame a ravivé les inquiétudes sur la sécurité des personnes vivant ou exerçant des activités aux abords de cette décharge, dont les risques sont régulièrement dénoncés.
Au-delà du déguerpissement, les autorités évoquent également un projet en préparation pour le site de la décharge. Si ses contours restent encore flous, un périmètre aurait déjà été balisé en prévision de sa mise en œuvre.
« Bien sûr, il y a un projet en cours, mais je ne saurais pour le moment rentrer dans les détails de ce projet. Vous savez déjà qu’il y a un périmètre qui a été balisé, et le projet qui est prévu maintenant pour la décharge sera officiel et les gens seront informés au moment venu », a déclaré le responsable de la DATU.

Après le drame, le déguerpissement constitue ainsi l’une des premières réponses concrètes des autorités pour tenter de réduire les risques autour de Dar-es-Salam. Les engins devraient poursuivre leur progression dans la zone dans les prochaines heures.
Reste désormais une question majeure : après le déguerpissement, quel sera le véritable devenir de la décharge de Dar-es-Salam ?
Aminata Camara


