Transféré à la maison d’arrêt de Macenta le 5 septembre, Algassimou Diallo n’a plus donné signe de vie depuis son audience du 4 septembre. Ses avocats, qui disent avoir appris la nouvelle par une publication sur les réseaux sociaux, réclament des preuves tangibles de sa détention.
Dans un communiqué de presse n° 2 daté du 6 septembre, le Collectif des avocats de Monsieur Algassimou Diallo révèle avoir découvert le lieu de détention de leur client par une publication de la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion diffusée sur les réseaux sociaux — et non par une notification officielle. Selon le texte, « ni la famille ni les conseils n’ont reçu la moindre notification », alors même que les autorités judiciaires, interrogées la veille, auraient déclaré n’en rien savoir.
Pour la défense, l’annonce du transfert ne suffit pas à rassurer. Le Collectif écrit : « Cette annonce ne dissipe pas les inquiétudes de la famille et des conseils quant à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique de Monsieur DIALLO. Nul ne l’a vu ni entendu depuis l’audience du 4 septembre 2026, à laquelle il est apparu en bonne santé, et aucun élément ne permet à ce jour de vérifier qu’il se trouve effectivement à Macenta. »
Le calendrier judiciaire ajoute à la tension : les chambres réunies de la Cour suprême, qui siègent à Conakry, doivent se prononcer le mardi 8 septembre sur une demande de renvoi formulée par la défense. Or l’accusé se trouve désormais à plus de sept cents kilomètres du siège de cette juridiction.
Le Collectif conteste également le fondement du transfert. Pour les avocats, la « gestion administrative des établissements pénitentiaires », seul motif invoqué, « ne saurait justifier une telle mesure ». Ils rappellent les dispositions du Code de procédure pénale : la détention provisoire doit être subie dans une maison d’arrêt près de la juridiction compétente (article 1048), les ordres des magistrats s’exécutent dans les maisons d’arrêt (article 1049), et toutes facilités doivent être accordées aux inculpés pour l’exercice de leur défense (article 1050). Conclusion des avocats : « Un inculpé détenu relève de l’autorité judiciaire, non de l’administration. »
Le Collectif exige que la preuve de la détention de son client à Macenta soit rapportée sans délai, par la production d’un extrait du registre d’écrou et par une visite de la famille et des conseils. Il réclame en outre la communication du fondement légal du transfèrement, et demande que Monsieur Diallo soit ramené à Conakry pour comparaître le 8 septembre 2026.
Siby


