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Marins-pêcheurs en colère : jusqu’à 10 millions GNF réclamés et une menace de boycott

La tension monte d’un cran chez les marins-pêcheurs guinéens. Réunis dans la soirée de ce mercredi 2 septembre dans la cour de la Direction nationale de la Marine marchande, plusieurs travailleurs du secteur ont exprimé leur ras-le-bol face à leurs conditions de travail et de rémunération à bord des navires de pêche. Avec une revendication centrale : une revalorisation substantielle de leurs salaires et de leurs conditions de vie en mer.

A travers leurs porte-paroles, les marins réclament notamment une augmentation des salaires, l’instauration ou la revalorisation de certaines primes, ainsi qu’une amélioration globale de leurs conditions de vie et de travail à bord des navires.

Selon Ibrahima Lala Dramé, porte-parole des marins-pêcheurs, le mouvement de protestation dure depuis plusieurs jours. Il assure que des négociations sont engagées avec les autorités, notamment les ministères des Transports et de la Pêche, mais qu’aucun accord définitif n’a encore été trouvé.

« Nous réclamons une augmentation de salaire, ainsi que des primes et une revalorisation de nos conditions de vie. C’est la raison de notre présence ce soir », a-t-il déclaré.

A l’issue d’une rencontre avec les responsables de la Marine marchande, le porte-parole a indiqué que les discussions se poursuivaient, tout en assurant que les marins restaient déterminés à obtenir satisfaction.

« Nous sommes au cœur des négociations et nous ne sommes pas encore tombés d’accord. Mais nous espérons que les jours à venir porteront leurs fruits », a-t-il expliqué.

Les revendications portent principalement sur l’amélioration des conditions de vie à bord des navires, l’augmentation des salaires, les primes journalières, le traitement réservé aux travailleurs en mer ainsi que l’octroi de primes liées aux conditions et aux risques du métier.

Les marins estiment que leur rémunération actuelle ne correspond ni à la pénibilité ni aux risques inhérents à leur profession.

D’après Ibrahima Lala Dramé, les marins guinéens seraient actuellement rémunérés autour de 2,5 millions de francs guinéens par mois, sur la base de 40 000 francs guinéens pour le travail de jour et autant pour le travail de nuit.

Ils réclament désormais un minimum de 100 000 francs guinéens pour le jour et 100 000 francs guinéens pour la nuit, ce qui porterait leur rémunération mensuelle à environ 6 millions de francs guinéens.

Le porte-parole estime que les montants évoqués dans les revendications, pouvant atteindre 6 à 10 millions de francs guinéens selon les catégories et les conditions de travail, ne devraient pas surprendre au regard des réalités du métier.

« Le métier de marin-pêcheur est l’un des plus dangereux au monde », a-t-il rappelé.

Les manifestants évoquent également les écarts de rémunération observés dans certains pays de la sous-région. Selon leurs déclarations, un marin au Sénégal ou en Guinée-Bissau peut percevoir l’équivalent de 400 000 à 500 000 francs CFA, soit environ 7 à 8 millions de francs guinéens, tandis que les marins guinéens resteraient largement en dessous de ces niveaux.

Au-delà de leurs revendications salariales, les marins veulent également mettre en avant leur contribution à l’approvisionnement alimentaire du pays.

Selon le porte-parole, plus de 3 000 marins seraient actuellement mobilisés sur le site, tandis que le nombre total de marins-pêcheurs en Guinée dépasserait les 12 000.

« Nous nourrissons toute la population. Les poissons que vous voyez partout en Guinée et dans la sous-région, c’est nous qui nous sacrifions pour aller les chercher en mer », a-t-il affirmé.

Face à ce qu’ils considèrent comme une longue période de négligence de leurs conditions de travail, les marins disent vouloir maintenir leur unité et accentuer la pression sur les autorités et les employeurs.

« Cette fois-ci, nous sommes unis comme jamais : aucun marin n’embarquera tant que nos revendications ne seront pas satisfaites », a averti Ibrahima Lala Dramé.

Alors que les négociations avec les autorités se poursuivent, les marins-pêcheurs guinéens maintiennent leur principale menace : ne pas reprendre les embarquements tant qu’ils n’auront pas obtenu des avancées concrètes sur leurs revendications salariales et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail à bord des navires.

Aminata Camara

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