Deux semaines après une mutinerie qui a secoué Niamey jusque dans l’enceinte présidentielle, le général Abdourahamane Tiani a procédé à un changement à la tête de l’armée nigérienne. Le général Mamane Sani Kiaou devient chef d’état-major des Armées, sans qu’aucun motif n’ait filtré sur le départ de son prédécesseur.
Le nouveau chef d’état-major des Armées n’est pas un inconnu du commandement militaire nigérien. Le général de brigade Mamane Sani Kiaou occupait jusqu’à sa nomination le poste de chef d’état-major de l’armée de Terre. «Par un décret signé ce 11 septembre 2026, le général Abdourahamane Tiani a nommé le général de brigade Mamane Sani Kiaou chef d’état-major des Armées», a indiqué un communiqué lu vendredi soir à la télévision publique.
Il succède au général Moussa Salaou Barmou, dont le limogeage n’a fait l’objet d’aucune communication officielle sur ses motifs. Les deux hommes avaient été portés à leurs fonctions respectives au lendemain du coup d’État de juillet 2023, qui avait installé les militaires au pouvoir après la chute du président élu Mohamed Bazoum, toujours en détention.
Ce remaniement ne peut être dissocié du climat sécuritaire des dernières semaines. Fin août, une mutinerie militaire a visé plusieurs points stratégiques de Niamey : la présidence, l’aéroport international et une base militaire attenante, avant d’être matée grâce à l’appui de la Russie, alliée désormais incontournable de la junte.
Comme après chaque épisode déstabilisateur, le pouvoir nigérien a pointé du doigt la France, qu’il accuse d’avoir orchestré la mutinerie du 28 au 29 août. Paris a catégoriquement rejeté ces accusations, dans ce qui s’apparente désormais à un réflexe systématique de la junte face à toute menace sur son autorité.
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