Une femme originaire de Djilengbè a été admise en urgence à l’hôpital préfectoral de Siguiri, grièvement blessée à la machette. Selon le médecin qui l’a prise en charge, son mari en serait l’auteur présumé, à la suite d’un différend autour d’un téléphone portable et de TikTok. Ce que l’on sait des faits, de l’état de la victime et de la prise en charge médicale.
Une dispute autour d’un téléphone portable et de l’application TikTok aurait dégénéré en violence conjugale à Siguiri. Une femme originaire de Djilengbè a été conduite en urgence à l’hôpital préfectoral après avoir été blessée à la machette. Selon le médecin qui l’a soignée, son mari serait l’auteur présumé de l’agression.
À ce stade, ces éléments reposent sur le témoignage du personnel médical et sur les premières déclarations de la victime. Aucune source judiciaire n’a encore confirmé les faits.
Le Dr Bachir Condé, médecin-lieutenant au Haut Commandement de l’Armée nationale et médecin d’appui aux urgences médico-chirurgicales de Siguiri, a décrit l’étendue des lésions. La victime aurait été touchée aux membres supérieurs, à la tête, au menton et au côté droit du cou. Certaines blessures auraient atteint les structures osseuses, c’est-à-dire que la lame aurait entaillé jusqu’à l’os.
La tête, le cou et les bras sont des zones fragiles, où passent de gros vaisseaux sanguins. Des plaies à cet endroit peuvent provoquer de lourdes pertes de sang en très peu de temps.
À son arrivée aux urgences, la patiente était dans un état critique, marqué par un choc hémorragique. Ce terme désigne une perte de sang si importante que le cœur n’arrive plus à irriguer correctement les organes. Sans prise en charge rapide, elle peut entraîner la mort.
Les équipes médicales ont donc dû agir sans attendre pour stabiliser ses fonctions vitales, notamment la respiration et la circulation du sang.
« Lorsque la patiente est arrivée, elle était dans un état critique. Notre priorité était de stabiliser son état et de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour préserver sa vie », a indiqué le médecin.
Selon les premières informations recueillies auprès de la victime, à mesure qu’elle reprenait connaissance, l’agression serait survenue à la suite d’un différend portant sur son téléphone portable et sur des contenus consultés sur TikTok par son mari.
Le Dr Bachir Condé affirme que la victime lui a clairement désigné son époux comme celui qui l’a attaquée à la machette. Cette déclaration, recueillie dans un contexte médical, devra être examinée par les autorités chargées de l’enquête.
Alertés par la situation, les voisins seraient intervenus pour porter secours à la femme et faciliter son évacuation vers l’hôpital. Dans ce type d’urgence, la rapidité de l’évacuation compte beaucoup : plus une victime perd du sang longtemps, plus ses chances de survie diminuent.
Au-delà de l’urgence médicale, cette affaire relance le débat sur les violences au sein des couples et sur les conséquences parfois dramatiques des conflits familiaux, ici nés d’un simple usage du téléphone.
Le médecin a appelé les deux familles à la responsabilité et au calme, afin d’éviter tout débordement. Il a aussi exhorté les couples à la compréhension et au respect mutuel dans l’utilisation des réseaux sociaux.
« Le téléphone peut détruire un foyer, voire une famille entière. Il faut apprendre à respecter la vie privée de son prochain et éviter les comportements qui peuvent conduire à des drames », a-t-il conseillé.
L’état de santé de la victime reste suivi par l’équipe médicale. Il reviendra aux autorités compétentes d’établir les circonstances exactes de l’agression et les responsabilités éventuelles. D’ici là, la présomption d’innocence s’applique à la personne mise en cause.
Ibrahima Camara, depuis Siguiri


