Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation a procédé, ce jeudi 5 novembre 2026, au lancement officiel du processus de recrutement des administrateurs territoriaux, notamment les préfets et les gouverneurs. Cette initiative vise à promouvoir la compétence, le mérite et le professionnalisme au sein de l’administration territoriale, dans le cadre de la vision de développement à la base prônée par le président de la République.
À cette occasion, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenab Touré, a expliqué les motivations de cette démarche, qu’elle inscrit dans le cadre de sa lettre de mission reçue du Premier ministre, chef du gouvernement, et qui met notamment l’accent sur la gouvernance participative et le développement local.
Selon la ministre, les préfets et les gouverneurs occupent une position stratégique dans le fonctionnement de l’État, puisqu’ils représentent le chef de l’État et assurent la coordination des politiques publiques ainsi que de l’action gouvernementale dans leurs territoires respectifs. « On a besoin de qualifier les hommes et les femmes qui doivent être à ces postes, parce qu’il faut que ce soient des personnes hautement qualifiées, professionnelles et capables de parler de toutes les questions. Nous avons à peu près 30 départements ministériels, donc 30 politiques nationales que chaque administrateur doit pouvoir maîtriser », a-t-elle souligné.
Pour Djenab Touré, cette initiative vise également à permettre aux cadres du département, aussi bien ceux évoluant au niveau central que ceux en service à l’intérieur du pays, d’accéder aux postes de responsabilité sur la base de leurs compétences et de leur expérience professionnelle.
La ministre a précisé que plus de 700 candidatures ont été enregistrées pour les postes de préfets, à l’issue desquelles 92 candidats ont été retenus après examen des dossiers. Pour le poste de gouverneur, deux candidatures ont été présélectionnées.
Les candidats retenus ont ainsi été soumis à des épreuves écrites portant notamment sur les enjeux nationaux, la coordination de l’action gouvernementale et la gestion administrative. Les compositions, d’une durée de trois heures, comportent des sujets communs aux candidats aux fonctions de gouverneur, d’une part, et aux candidats aux postes de préfet, d’autre part.
La ministre a indiqué que les copies seront corrigées dès ce jeudi soir afin de permettre la publication des résultats de la présélection dès demain, vendredi 6 novembre. Les candidats retenus à l’issue de cette étape seront ensuite soumis à un entretien avant la transmission des propositions au président de la République.

Insistant sur le caractère impartial du processus, Djenab Touré a rappelé que la nomination des préfets et des gouverneurs relève exclusivement du pouvoir discrétionnaire du chef de l’État, sur proposition de la ministre de l’Administration du territoire. « Ce n’est pas Madame la ministre qui nomme. La nomination au poste de préfet ou de gouverneur relève du pouvoir discrétionnaire du président de la République, sur proposition de la ministre de l’Administration du territoire », a-t-elle précisé.
Prenant également la parole devant les candidats, la ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de rompre progressivement avec une administration fondée essentiellement sur le commandement pour évoluer vers une administration de développement, axée sur la participation et l’efficacité de l’action publique. « Nous voulons passer de l’administration de commandement à une administration de développement, donc à une gouvernance participative », a-t-elle déclaré.
Elle a par ailleurs expliqué que le choix d’organiser un concours interne répond à la volonté de donner les mêmes chances aux fonctionnaires ayant acquis une expérience au sein de l’administration territoriale, notamment dans les fonctions de secrétaire général, de chef de cabinet, de directeur préfectoral ou encore de directeur des micro-réalisations.
Dans le souci de garantir la crédibilité des épreuves, les candidats ont été invités à retirer leurs téléphones portables. Une mesure destinée à empêcher tout recours à Internet ou à l’intelligence artificielle et à permettre à chaque participant de démontrer ses propres connaissances, ses capacités et son expérience professionnelle. « Nous ne voulons pas que les réponses soient issues de l’intelligence artificielle ou d’Internet, mais que ce soient les capacités, l’expérience et les connaissances du candidat qui s’expriment sur les feuilles », a insisté la ministre.
L’objectif final, selon Djenab Touré, est de mettre à la disposition du chef de l’État des administrateurs qualifiés et capables d’accompagner efficacement la mise en œuvre de sa vision pour la Guinée, notamment le programme Simandou 2040, afin d’accélérer le développement à la base et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Aminata Camara


