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Guinée : entre emprunts obligataires, nouveaux billets et pouvoir d’achat en recul, quelle trajectoire économique ?

Le Gouvernement guinéen a récemment lancé une série de mesures majeures : une émission obligataire d’environ 1 500 milliards GNF sur cinq ans (près de 175 millions USD), ainsi que la possibilité de mise en circulation de nouveaux billets destinés à améliorer la liquidité. Ces décisions interviennent alors que l’inflation continue de rogner le pouvoir d’achat des ménages, malgré une stabilisation relative des chiffres officiels.

S’il est vrai que l’emprunt obligataire est un mécanisme intéressant permettant de réduire la dépendance extérieure et financer des infrastructures essentielles. Mais son coût élevé impose un impératif de transparence et d’efficacité. L’État doit publier un plan d’utilisation détaillé et auditables des 1 500 milliards GNF : infrastructures prioritaires, santé, eau, éducation, retours économiques attendus, calendrier de décaissements. Un comité de suivi civil et technique, incluant la BCRG, la Cour des comptes et des représentants du secteur privé, devrait être institué pour publier des rapports trimestriels. Sans cette gouvernance, la dette risque d’alourdir l’avenir sans bénéfices tangibles pour la population.

Il est également essentiel d’orienter une part significative de ces ressources vers des projets à haut rendement social et économique : routes stratégiques, réseaux d’électricité localisés, irrigation, eau potable, ainsi que des instruments de soutien au crédit aux PME via des garanties partagées. L’objectif est clair : faire en sorte que le coût de l’emprunt soit compensé par un accroissement durable de la capacité productive du pays.

Face à ces défis, la Guinée doit avant tout restaurer la confiance : transparence budgétaire, rigueur monétaire, protection des ménages et soutien ciblé au secteur productif. Les instruments actuels emprunts et nouveaux billets ne seront efficaces que s’ils s’inscrivent dans une stratégie cohérente, lisible et tournée vers l’avenir. Gouverner la monnaie et la dette, c’est d’abord gouverner les attentes. Et aujourd’hui, c’est cette confiance collective qu’il faut reconstruire.

Souleymane Kourouma

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