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CAN 2025 : quand la sagesse de Sadio Mané sauve la compétition et offre la victoire aux siens

On dira de la victoire des Lions de la Téranga contre ceux de l’Atlas qu’elle a été méritée. Et il est vrai que les Sénégalais n’ont guère usurpé leur deuxième titre continental. Mais force est de reconnaître que l’équipe sénégalaise est passée tout près d’un échec… pas seulement sportif. Car si les hommes de Pape Thiaw, obéissant à la consigne de leur entraîneur, avaient maintenu leur décision de ne pas reprendre la rencontre à la suite du penalty accordé aux Marocains par l’arbitre, cela aurait constitué un scandale pour tout le football africain. Or, si cette sombre perspective a été évitée de justesse, c’est bien à la sagesse du numéro 10 sénégalais, élu meilleur joueur du tournoi, qu’on le doit. Sadio Mané, curieusement plus lucide et moins émotif que son coach, a su convaincre son camp de revenir sur la pelouse. Et c’est à ce geste responsable que l’on doit, en définitive, tout le reste.

D’une certaine façon, c’est à une finale de haute facture qu’on a assisté, ce dimanche 18 janvier, entre Marocains et Sénégalais. Sur le plan strictement du jeu, les deux équipes ont livré une belle prestation, se procurant des occasions franches de part et d’autre. Mais cette finale restera aussi associée à des faits de jeu qui l’auront parasitée. D’abord, ce but sénégalais refusé à la 93ème minute pour une faute supposée d’Abdoulaye Seck sur Achraf Hakimi. Ensuite, ce penalty accordé quelques instants plus tard aux Lions de l’Atlas par l’arbitre Jean-Jacques Ndala. Le problème n’est pas tant de savoir si l’une ou l’autre décision était fondée. Aux yeux des Sénégalais, et de nombreux observateurs, c’est surtout l’attitude différenciée de l’arbitre qui a choqué.

Lorsque l’action était favorable aux Marocains, il a pris le temps de recourir à l’assistance vidéo. En revanche, lorsque les Sénégalais ont réclamé le même examen, il ne s’est pas donné la peine d’y recourir. Dans un contexte où l’arbitrage de cette CAN a souvent été décrié, le sentiment d’injustice ressenti par le camp sénégalais était plutôt compréhensible. D’autant plus que, de manière récurrente, chaque pays hôte est soupçonné de bénéficier d’une certaine bienveillance, et l’édition marocaine n’a pas échappé à ces soupçons, nourrissant un climat de méfiance et de complotisme.

Pour autant, rien de tout cela ne saurait justifier l’attitude de Pape Thiaw appelant ses joueurs à quitter la pelouse. Ce n’est pas là le comportement attendu d’un entraîneur à la tête d’une sélection du calibre des Lions de la Téranga. En pareille circonstance, on attend du premier responsable technique qu’il se place au-dessus de l’émotion, qu’il apaise les esprits et qu’il ramène ses joueurs dans le cadre du jeu. Or, loin de tempérer la tension, il a contribué à accentuer la déstabilisation psychologique de son équipe.

C’est finalement Sadio Mané qui a su éviter au Sénégal un scandale qu’aurait sans doute constitué la lourde sanction qui lui pendait au nez. En véritable leader, il a pris la mesure des enjeux, non seulement pour son équipe, mais aussi pour l’image du football africain. Après avoir consulté certains de ses aînés, notamment El Hadj Diouf et Mamadou Niang, il a convaincu ses coéquipiers de reprendre la partie. Il a compris qu’en refusant de jouer, le Sénégal risquait de perdre bien plus qu’un trophée : sa crédibilité et son honneur sportif.

Dès lors, si la victoire finale est due au penalty manqué de Brahim Diaz, à l’arrêt décisif d’Edouard Mendy et au but victorieux de Pape Gueye, il n’en demeure pas moins que c’est à la lucidité et à la sagesse de Sadio Mané que l’on doit, en amont, la possibilité même de ces moments. En ce sens, le sacre des Lions de la Téranga porte aussi l’empreinte d’un leader qui, par son sang-froid et son sens des responsabilités, a su sauver une finale, une compétition et, d’une certaine manière, l’honneur du football africain.

Boubacar Sanso Barry

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