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Entre Sita et Komba, l’autre route de l’impossible

Ceux qui vivent dans la capitale Conakry et dans certains autres centres urbains n’ont pas toujours conscience du calvaire qu’endurent les populations de l’intérieur du pays. Pour en toucher un bout, il suffit de parcourir certains tronçons de cet arrière-pays, oublié par l’Etat et les politiques publiques. En cela, la route qui relie Labé à Koundara est un cas illustratif. Bien que d’une importance stratégique car reliant par la même occasion la capitale de la Moyenne Guinée au Sénégal voisin, elle est dans un état qui n’est pas digne de cette importance. Et c’est surtout le bout de tronçon d’à peine 35 km qui va de Sita à Komba qui est symptomatique du supplice auxquels sont exposés ceux qui sont contraints de parcourir ce trajet.

Les nombreux gros porteurs en panne alignés le long de la route attestent d’un paradoxe : le tronçon est important, mais périlleux. Il faut dire qu’entre Sita et Komba, il n’y a plus aucune couche de bitume. Et les trous qui jonchent la route sont largement au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler ‘’nids-de-poule’’. Il serait plus commode de parler d’ornières. Et bien sûr, une telle situation, les coupeurs de route savent en profiter. Au gram dam des usagers.

Mais le cauchemar des conducteurs a pour nom la colline de Sita. Quand nous y sommes arrivés, un camion remorque en partance pour Koundara, rempli de marchandises, était justement coincé au sommet de cette pente raide. Coincé-là et rendu immobile, selon des témoins, depuis des jours. Une partie de la chaussée s’étant effondrée, les pneus du gros engin s’étaient enfoncés dans la profondeur de la boue. Et pour espérer l’en sortir, le chauffeur est obligé de décharger toute la marchandise. Avec ce que cela comporte de risque dans ce milieu hostile et exposé à toutes les menaces sécuritaires. « Moi qui vais à Koundara, je devrais passer par Boké et Gaoual. A cause de l’état de cette route, nous avons emprunté celle de Labé, et voilà ce que nous traversons aujourd’hui », se lamente le conducteur, Mamadou Baïlo Diallo.

Mais il s’empresse de relativiser, en confiant que la veille, ce sont quelques 30 camions qui étaient bloqués de la même façon. Son sort n’a donc rien de singulier. Si l’état de la route était acceptable, il assure que le trajet ferait tout au plus deux jours. Mais là, il pourrait tout bonnement s’étaler sur deux semaines. « Pour ne pas que le camion tombe, on a fait descendre les bagages, pour pouvoir ensuite le tirer de là. Mais faire descendre et remonter les bagages, cela les détruit. Les marchandises se gâtent et nous accusons un grand retard », explique-t-il également.

Or, lui et ses apprentis ne sont pas au bout de leurs peines. En effet, l’engin pour tirer le camion du piège dans lequel il s’est retrouvé se loue, quant à lui, entre 500 000 et 1 000 000 GNF.

Fodé Soumah

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