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Bac à 45 ans : Comment Nanfadima Condé a surmonté l’âge et les doutes ?

Enseignante dévouée depuis l’an 2000 et fonctionnaire depuis 2005, mère de quatre enfants,  Nanfadima Condé a toujours été passionnée par son métier. Mais c’est l’opportunité de devenir conseillère pédagogique ou maître formatrice au Centre de Formation des Maîtres (CFMF) qui a tout changé. Après avoir brillamment réussi les concours écrits, elle intègre une formation de deux ans à l’Institut Supérieur des Sciences de l’Éducation de Guinée (ISSEG). C’est là qu’un obstacle inattendu surgit : seuls les titulaires du baccalauréat peuvent obtenir le diplôme final. Nous sommes allés à sa rencontre dans le but de comprendre ses motivations et les obstacles auxquels elle faisait face.

« J’ai dit : hé, alors là, ça c’est difficile, parce que moi je n’ai pas le Bac, j’ai juste le Bac 1», confie Nanfadima.

Confrontée à cette contrainte, avec son ancien « Bac 1 » devenu obsolète, elle prend une décision radicale.

« Je ne pouvais pas faire deux ans de formation pour me retrouver avec une simple attestation. Après une journée entière de réflexion, j’ai décidé de repasser le bac », affirme-t-elle.

L’annonce de sa décision à ses enfants est accueillie avec scepticisme, notamment par son fils aîné, Morikè Kourouma.

« Le premier jour qu’elle m’a dit qu’elle allait refaire le bac, j’ai cru qu’elle plaisantait. Je me suis même moqué d’elle », admet-il. « Je lui ai dit : Toi là, tu vas faire quel bac encore ? Ton troisième enfant a fini l’université l’année dernière. Et toi, après 30 ans, tu viens pour faire le bac ?».

Mais la détermination de Nanfadima ne faiblit pas. Elle s’inscrit en candidature libre à Dubréka en Sciences sociales. Ce n’est que quatre mois avant l’examen que Morikè comprend la sincérité de sa mère.

« Je l’ai vue avec d’anciens cahiers de révision du bac. C’est là que j’ai compris qu’elle était vraiment sérieuse », dit-il.

Une candidate pas comme les autres

Le jour de l’examen, son arrivée au centre de Keïtaya, vêtue comme les autres lycéens, suscite l’étonnement.

« Quand ils me voient, certains pensent que je suis la déléguée ou une superviseure », raconte-t-elle.

Mais ces regards ne la déstabilisent pas. Bien au contraire, ils renforcent sa détermination. Devant ses jeunes camarades de salle, elle déclare avec fierté : « Les enfants, aujourd’hui nous sommes à égalité. Je suis fonctionnaire d’État, mais si je suis ici, c’est parce que je veux obtenir le bac pour valider ma formation ».

Les épreuves s’enchaînent. L’attente des résultats est pesante, surtout dans un contexte où le taux de réussite national n’est que de 32,34 %. Puis vient la nouvelle : « Tu as été admise ! », lui annoncent ses camarades.

« J’ai crié, sauté de joie. J’étais tellement contente parce que l’objectif était atteint. C’est ce que je cherchais. Et Dieu me l’a donné », dit-elle avec émotion.

Pourtant, le parcours n’a pas été sans difficultés. La mémorisation, notamment des formules de mathématiques, lui pose problème.

« Compte tenu de mon âge, si tu me donnes un texte aujourd’hui, peut-être que demain, je l’aurai oublié », reconnaît-elle.

Mais sa volonté de réussir l’emporte. « Malgré tout, avec du courage, je m’en suis sortie».

Le soutien de son fils, devenu répétiteur

Un appui essentiel l’a portée dans cette aventure : son fils Morikè, devenu son répétiteur personnel.

« Je l’ai aidée à réviser, surtout en maths et en français », précise-t-il. « Et chaque jour, je l’accompagnais à son centre d’examen », indique-t-il.

Aujourd’hui, il ne cache pas sa fierté : « Je suis vraiment fier. Au début, je doutais. Mais j’ai vu qu’elle le voulait vraiment. Alors je l’ai soutenue jusqu’au bout ».

Une nouvelle étape

Pour Nanfadima Condé, l’obtention du bac n’est qu’un début. Elle voit déjà plus loin.  « Une fois le bac obtenu, il faut que je poursuive à l’université », déclare-t-elle avec conviction.

Son prochain objectif : décrocher la licence à l’ISSEG, une suite logique à son parcours professionnel et à son engagement pour l’éducation.

Binty Ahmed Touré

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