À Boké, la matinée de ce mardi 9 décembre 2025 a été marquée par une mobilisation inhabituelle des étudiants du Centre de Formation Professionnelle (CFP). Très tôt, ils ont investi les rues de la commune urbaine pour exprimer leur désaccord face à la mutation de leur désormais ex-directeur, Salif Sayon Camara.
Brandissant des pancartes et scandant des slogans tels que : « Non au départ du directeur Salif Sayon Camara », « Il n’est pas qu’un simple directeur, c’est un formateur phare du CFP de Boké » ou encore « Un apprenant mal formé aujourd’hui sera un mauvais cadre demain », les manifestants ont exigé son retour immédiat et sans condition. Selon eux, son départ pourrait porter préjudice au bon fonctionnement de l’établissement.
Parmi les protestataires, Mariama Djouma Barry exprime avec émotion son incompréhension.
« Celui qui se battait pour nous ici, ils viennent nous l’arracher. On ne va pas accepter », dénonce-t-elle.
Très déterminée, une autre étudiante rencontrée au cœur de la manifestation revient sur les démarches entreprises pour obtenir le retour de leur ex-directeur.
« Nous avons déposé une demande à la DPE pour demander son retour, ils n’ont pas accepté. Nous avons aussi déposé au gouvernorat, mais là aussi ils n’ont pas accepté. C’est pourquoi nous sommes sortis », explique-t-elle.
Selon plusieurs étudiants présents sur les lieux, le directeur muté aurait largement contribué à l’amélioration des conditions d’apprentissage, ce qui expliquerait l’ampleur de la mobilisation.
Un officier de la gendarmerie, déployé pour rétablir l’ordre, a tenté en vain de calmer les manifestants.
« Nous avons vu vos pancartes et compris vos revendications. Nous vous demandons de rejoindre vos familles respectives. Si vous réclamez un enseignant, c’est parce qu’il vous rend un grand service », a-t-il indiqué.
Il a finalement fallu l’intervention des forces de maintien de l’ordre pour disperser les étudiants et rétablir le calme.
Mamadou Bah, depuis Boké


