La Direction générale des élections (DGE) et l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) ont franchi une étape décisive dans le processus de modernisation du système électoral guinéen. Ce jeudi 22 janvier, au siège de la DGE, les deux institutions ont procédé à la signature d’une convention de collaboration visant à assurer la continuité et la fiabilisation du recensement biométrique.
La convention a été paraphée par la directrice générale de la DGE, Mme Djenab Touré, qui a souligné l’importance stratégique de cet accord pour la gouvernance électorale et l’identification des citoyens. Selon elle, il ne s’agit nullement d’un simple acte administratif, mais d’un engagement structurant pour des élections libres, transparentes et crédibles.
« La convention que nous apprêtons à signer aujourd’hui, vient définir un cadre clair, structuré et durable de coopération technique et d’échange d’information entre deux entités publiques. Elle vise principalement à assurer une alimentation régulière, sécurisée et conforme au fichier électoral, à l’établissement, la mise à jour continue et la fiabilisation des listes électorales biométriques et surtout à l’utilisation des données du registre national des personnes physiques, comme source unique, officielle et fiable des données d’identification des électeurs », a-t-elle affirmé.
Poursuivant, elle ajoute : « cette démarche, nous affirmons une vision commune, celle d’un système électoral fondé sur des données d’état, interopérables et sécurisées, garantissant l’égalité des citoyens devant le droit de vote et renforçant la confiance du peuple dans les institutions électorales. Cette convention traduit la volonté des autorités nationales de promouvoir une synergie institutionnelle efficace, évitant les duplications, optimisant les ressources publiques et plaçant la technologie et l’expertise nationale au service de la démocratie ».
Dans son intervention, Mme Djenab Touré a réaffirmé l’engagement de la DGE à respecter scrupuleusement les principes de confidentialité, de protection des données à caractère personnel et de conformité aux textes législatifs et réglementaires en vigueur en République de Guinée. Elle a ensuite lancé un appel aux acteurs de terrain.
« J’invite les officiers délégués d’état civil et d’identification, qui seront les bénéficiaires du travail que nous avons fait, à faire en sorte que l’identification et l’alimentation continue du NPP soient une réalité dans notre pays. Cela viendra mettre fin définitivement au recensement électoral que nous avons connu avec beaucoup d’incidents et de résolutions au sein de notre pays, mais ça va aussi permettre à l’État d’avoir des statistiques vitales fiables des populations d’une commune donnée, d’un quartier et pourquoi pas de toute la nation tout entière », a-t-elle conclu.
Pour sa part, le directeur général de l’ONECI, Kemoko Dioubaté, a mis en lumière les raisons fondamentales justifiant cette collaboration institutionnelle. Il a notamment évoqué la nécessité de garantir l’identité juridique des citoyens à travers un recensement biométrique continu, afin d’éviter les doublons, les fraudes et les erreurs d’identification.
Il a également insisté sur l’accès aux droits fondamentaux, rappelant que l’absence d’enregistrement à l’état civil prive de nombreux citoyens de services essentiels tels que l’éducation, les soins de santé, la protection sociale ou encore l’emploi formel. Selon lui, un système biométrique fiable contribue aussi au renforcement de la sécurité nationale, à la lutte contre la criminalité, l’immigration irrégulière et l’usurpation d’identité.
En outre, la disponibilité de données démographiques fiables permettra à l’État d’améliorer la planification et la mise en œuvre des politiques publiques, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des infrastructures. La continuité du recensement biométrique facilitera également la délivrance rapide et sécurisée des documents officiels tels que les actes de naissance, les cartes d’identité et les passeports.
Enfin, Kemoko Dioubaté a souligné que ce partenariat favorisera l’inclusion sociale en réduisant le nombre de citoyens « invisibles » pour l’administration, notamment dans les zones rurales ou marginalisées, tout en renforçant la confiance des populations envers les institutions publiques.
Aminata Camara


