Le nouvel ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a alerté ce mercredi 28 janvier 2026 sur le risque de restrictions de visas pour les ressortissants guinéens, en raison d’une coopération jugée insuffisante en matière de gestion des migrations.
Le chef de la délégation de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, s’est exprimé mercredi lors d’une conférence de presse tenue à sa résidence à Conakry. Au cours de cette rencontre avec les médias, le diplomate a abordé plusieurs axes de la coopération entre la Guinée et l’Union européenne, ainsi que les priorités pour l’année 2026.
Parmi les sujets évoqués, la question migratoire a occupé une place centrale. Selon le représentant européen, le dialogue euro-guinéen sur ce dossier demeure complexe et appelle des progrès significatifs, notamment en ce qui concerne le retour des ressortissants guinéens en situation irrégulière sur le territoire européen.
Xavier Sticker a rappelé que des centaines de milliers de Guinéens vivent légalement en Europe et participent à la vie économique et sociale des pays d’accueil. Toutefois, a-t-il précisé, une partie de cette communauté se trouve en situation irrégulière, rendant nécessaire la mise en œuvre de mécanismes de retour, qu’ils soient volontaires ou contraints.
« Il y a des centaines de milliers de Guinéens qui vivent en Europe et qui ont leur place en Europe et contribuent ainsi à la vie commune et à l’espace commun. Il y a des Guinéens qui sont en Europe en situation irrégulière et pour qui l’enjeu c’est le retour volontaire pour ceux qui y sont disposés, le retour forcé pour ceux qui n’y sont pas prêts. Il est important que ces retours puissent se faire », a insisté le diplomate, estimant que la coopération actuelle entre la Guinée et l’Union européenne dans ce domaine reste en deçà des attentes.
Cette situation expose la Guinée à des mesures restrictives. Une proposition est actuellement examinée au sein des institutions européennes et pourrait conduire, en cas de décision du Conseil de l’Union européenne, à l’imposition de restrictions de visas à l’encontre des citoyens guinéens.
« Aujourd’hui, ce n’est pas encore suffisamment le cas et c’est la raison pour laquelle il y a une proposition sur la table qui dit que s’il y avait une décision du Conseil de l’Union Européenne en ce sens, elle se traduirait par des restrictions sur les visas pour les Guinéens parce que la coopération de la Guinée avec l’Union Européenne reste encore insuffisante », a-t-il poursuivi.
Le chef de la délégation européenne a néanmoins indiqué que des échanges se poursuivent avec les autorités guinéennes afin d’éviter une telle issue. Il a souligné que ces éventuelles restrictions auraient des conséquences directes sur les Guinéens désireux de voyager ou de se rendre en Europe pour des raisons professionnelles, académiques ou familiales.
« C’est un sujet sur lequel nous continuons nos engagements avec les autorités guinéennes pour éviter une telle conclusion et de telles conséquences qui auraient un impact sur les Guinéens qui aspirent très légitimement à la mobilité et à voyager vers Europe », a-t-il indiqué.
En filigrane, le message adressé aux autorités guinéennes est clair : l’avenir de la mobilité des Guinéens vers l’espace européen dépendra largement des efforts consentis par Conakry dans les mois à venir.
Siby


