Considérée comme l’une des zones les plus sensibles en matière de conflits entre agriculteurs et éleveurs dans la préfecture de Gueckédou, la sous-préfecture de Kassadou a reçu, le 18 février 2026, la visite du préfet, le général Kandia Mara. Cette étape s’inscrit dans la tournée de prise de contact qu’il a entamée depuis le 16 février dernier.
Située à une soixantaine de kilomètres du chef-lieu préfectoral, la commune rurale de Kassadou est régulièrement secouée par des affrontements liés aux dégâts causés par le bétail dans les champs. Face à cette situation, le préfet a opté pour un discours d’apaisement, appelant les deux communautés à renouer le dialogue et à privilégier le vivre-ensemble.
« Lors de ma tournée, je suis passé dans beaucoup de CRDs mais arrivé à Kassadou, j’ai trouvé qu’il y a une disjonction totale entre éleveurs et agriculteurs. Donc, je suis venu et je les ai dit que les deux ne peuvent pas se séparer. Il y a la différence entre la transhumance et le nomandisme saisonnier. Nous avons interdit la venue des zébus chez nous. C’est ça la transhumance saisonnière. L’Etat à travers un communiqué conjoint, a interdit les zébus sur notre territoire. Mais entre éleveurs et agriculteurs qui sont dans la même contrée, il faut qu’il y ait ce qu’on appelle la commutativité sociale, un rapport social. Que l’éleveur sache très bien que ce sont ses bœufs qui se déplacent vers les champs et les champs ne se déplacent. Donc, il est forcément demandé aux éleveurs de mettre leurs bétails dans les enclos. Pour ne pas que ces bœufs se déplacent et aller gâter les champs des agriculteurs », a instruit Kandia Mara.
Dans la même dynamique, l’autorité préfectorale a également interpellé les agriculteurs sur leur responsabilité dans la prévention des tensions.
« Nous avons aussi demandé aux agriculteurs de ne pas faire des champs à côté des enclos des éleveurs car, c’est ce qui amène des conflits. Ils doivent vivre en symbiose. Les erreurs peuvent se glisser entre eux mais, qu’ils sachent se pardonner », a-t-il conseillé.
Présent à la rencontre, le président des éleveurs de Kassadou, Elhadj Mamadou Dian Diallo, a salué l’implication des autorités, tout en dénonçant certains actes de vandalisme visant les enclos.
« Nous sommes là, il y a belle lurette. Les gens de Kassadou, nous ont accepté et on s’est installé là. On a fait des enclos où ils nous ont montré. Nous avons installé nos bêtes mais très malheureusement, certains viennent faire des champs à côté des clôtures là. Au moyen s’ils respectaient 1 ou 1 kilomètre et demi de distance cela serait bien. En plus certaines personnes mal intentionnées, mettent dès fois le feu et nos enclos sont endommagés. Nous demandons aux autorités de nous aider afin d’avoir des enclos en grillage », a-t-il sollicité.
Chaque année, à Kassadou, les conflits entre agriculteurs et éleveurs causent d’importants dégâts matériels et exacerbent les tensions communautaires. Reste à savoir si cet appel au dialogue et à la cohabitation pacifique permettra, cette fois, d’éviter une nouvelle escalade.
Niouma Thèdan Kamadou Kamano


