La session inaugurale consacrée à l’installation des nouveaux conseillers communaux et à l’élection du futur maire de Gbessia a été interrompue ce jeudi, après des incidents survenus à l’intérieur de la salle, mettant un terme au processus électoral.
Prévue pour la matinée, la cérémonie n’a finalement débuté qu’à 15 heures, après une première suspension décidée par le présidium. Aux abords de la mairie, un important dispositif sécuritaire avait été déployé. Près d’une dizaine de pick-up de la police et de la gendarmerie étaient positionnés aux différentes entrées de la commune. Les accès étaient strictement filtrés, tandis que les journalistes, les observateurs et les représentants de la société civile se sont vu refuser l’entrée de l’enceinte. Les professionnels des médias ont été maintenus à plus de cinquante mètres de la cour, fermée au public et placée sous surveillance permanente.
La tension est montée d’un cran aux environs de 16 h 15, lorsqu’une femme a été sortie de la salle par les forces de l’ordre avant d’être embarquée de force dans un pick-up. Cette intervention a immédiatement suscité la colère d’un groupe de personnes, qui a dénoncé cette interpellation.
Parmi les protestataires figuraient des responsables et candidats du Mouvement Alternatif Démocratique (MAD), notamment Mamadou Saliou Fofana et Djibril Firawa Touré. Une militante a accusé les conseillers du camp adverse d’avoir exercé des violences dans la salle. « Ils nous ont menacés dans la salle. Les gens de la GMD nous ont carrément menacés. Ils ont pris de l’eau et l’ont versée sur nous. Ils ont pris des chaises pour nous frapper. Ils ont arrêté une de nos amies », a-t-elle souligné.
De son côté, l’alliance GMD rejette catégoriquement ces accusations. Son porte-parole, Aly Badara Condé, affirme que la première suspension de la séance, dans la matinée, était liée à une consultation du président de séance avec sa hiérarchie, et non à des incidents.

Selon lui, entre midi et 14 heures, le camp adverse aurait mobilisé des jeunes aux abords de la mairie dans l’intention de perturber le scrutin. Il soutient que la GMD a choisi de ne pas réagir à ces provocations. « Qui parle de GMD parle de calme, de paix et de cohésion sociale », a-t-il déclaré.
Aly Badara Condé explique que les incidents ont éclaté dans la salle à la suite d’une demande de clarification concernant une conseillère qu’il présente comme ayant quitté leur alliance. Il affirme que ce sont les conseillers du camp adverse qui ont créé le désordre, poussant le présidium et les forces de sécurité à suspendre la séance.
Réagissant aux accusations de violences portées contre son camp, il les qualifie de « stratégie de dédouanement » et assure que les membres de la GMD « ne peuvent pas se prêter à un tel jeu ». Il estime que son alliance dispose de la majorité nécessaire pour remporter les postes de maire et de vice-maire, et accuse ses adversaires de chercher à empêcher le déroulement normal du vote.

À la suite de ces incidents, le processus d’élection du maire de Gbessia a été suspendu. À l’heure où nous mettions sous presse, aucune nouvelle date n’avait encore été annoncée pour la reprise de la session inaugurale.
Thierno Amadou Diallo


