La gestion des fonds destinés à la rénovation du Stade Général Lansana Conté de Nongo et du Stade du 28 Septembre continue de susciter des interrogations. Face à la presse, lundi 17 août, le ministre des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a apporté des précisions sur l’utilisation des 250 millions de dollars annoncés pour ces deux infrastructures sportives.
Dans son intervention, le ministre a notamment insisté sur la volonté des autorités de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques. Il a rappelé que cette orientation s’inscrit dans la politique de moralisation de la gestion publique portée par le président de la République.
« Vous savez que l’une des ambitions nobles et légitimes qui anime le président de la République, surtout à l’entame de son septennat, c’est la moralisation de la gestion de la chose publique », a déclaré Mamadou Cellou Baldé, avant d’assurer que son département avait lui-même engagé des vérifications dès sa prise de fonction.
« Dès notre arrivée, nous nous sommes interrogés. Nous avons posé les bonnes questions, nous avons recueilli les bonnes informations », a-t-il ajouté.
Abordant la question des coûts liés aux travaux, le ministre des Sports a appelé à ne pas analyser les montants annoncés uniquement à travers leur conversion en francs guinéens. Selon lui, les infrastructures sportives de dimension internationale sont réalisées sur la base de standards et de références financières internationales.
« Une infrastructure internationale n’est pas indexée au franc. Elle est indexée sur la devise internationale », a-t-il expliqué.

Mamadou Cellou Baldé a également détaillé les entreprises intervenant sur les deux chantiers. Au Stade du 28 Septembre, les travaux sont confiés à Guicopress, une entreprise guinéenne. À Nongo, le chantier est réalisé par Tacon, une entreprise éthiopienne présentée par le ministre comme étant certifiée par la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération internationale de football association (FIFA).
La pose du gazon, a-t-il précisé, est assurée par une entreprise italienne également certifiée par les instances internationales du football.
« Je ne présume de rien, mais j’ai juste envie parfois qu’on évite le son des chiffres », a lancé le ministre, estimant que la seule conversion des montants en monnaie nationale pouvait donner une perception erronée du coût réel des travaux.
« Parce que quand on entend 1 million de dollars, on le convertit en francs guinéens, on estime que c’est toute la mer. Alors que quand vous prenez le cours du marché international par rapport à des infrastructures, nous sommes dans la fourchette », a-t-il soutenu.
Au-delà de ces explications, le ministre a assuré que les mécanismes de contrôle administratif sont également à l’œuvre pour examiner la gestion des fonds et les différents contrats liés aux infrastructures.
Selon Mamadou Cellou Baldé, l’Inspection générale des finances a récemment effectué une mission au sein du ministère des Sports et transmis un rapport qui fait actuellement l’objet d’une analyse.
« L’Inspection générale des finances vient de quitter nos locaux. Ils ont soumis un rapport qui est en train d’être analysé et les réponses vont être apportées par le ministère », a-t-il indiqué.
Le ministre a enfin assuré que son département n’entendait écarter aucun dossier susceptible de soulever des interrogations. Il a promis que les contrats et opérations nécessitant des éclaircissements feront l’objet d’un examen.
« Tout dossier suspect, tout contrat qui interroge, vous pouvez compter sur le ministère, mais vous pouvez aussi compter sur le général Mamadi Doumbouya. Il ne dormira pas tant que toute la clarté ne sera pas mise dessus », a conclu Mamadou Cellou Baldé.
Aminata Camara


