ledjely
Accueil » Achats en ligne : la mésaventure de Mohamed Camara qui interpelle
A la une

Achats en ligne : la mésaventure de Mohamed Camara qui interpelle

A Conakry, de nombreux jeunes se tournent vers les plateformes de commerce en ligne pour acheter des produits à moindre coût et les revendre avec une marge bénéficiaire. Une activité qui offre de réelles opportunités économiques, mais qui expose aussi certains acheteurs à des pertes financières, des produits non livrés et des risques d’escroquerie. Parmi ces plateformes, Alibaba attire particulièrement les jeunes entrepreneurs guinéens.

A Conakry, le commerce en ligne gagne progressivement du terrain auprès des jeunes en quête d’activités génératrices de revenus. Vêtements, téléphones, accessoires électroniques, produits de beauté ou encore articles de maison : les possibilités d’achat sont nombreuses sur les différentes plateformes internationales.

Pour certains, ces plateformes représentent une véritable porte d’entrée vers l’entrepreneuriat. Avec des prix souvent inférieurs à ceux pratiqués sur les marchés locaux, de jeunes commerçants passent des commandes à l’étranger avant de revendre les produits dans les marchés, les boutiques ou directement sur les réseaux sociaux.

Mais cette activité, qui peut être lucrative, comporte également des risques. Mauvais choix du fournisseur, paiement mal sécurisé, produit non conforme à la commande ou encore absence de livraison : certains acheteurs se retrouvent confrontés à des pertes parfois considérables.

C’est le cas de Mohamed Camara, un jeune commerçant de Sonfonia. Âgé de 28 ans, il affirme avoir perdu plus de 12 millions de francs guinéens après une commande effectuée sur ce qui parait comme une fausse plateforme d’Alibaba, alors même qu’il avait suivi une formation sur les techniques d’achat en ligne avant de se lancer.

« C’était de l’argent que j’avais emprunté à un ami. Après ma formation, j’avais l’espoir d’acheter des articles, puis de les revendre afin de pouvoir rembourser mon ami. Le fournisseur m’a envoyé un compte bancaire qui n’était pas sous la protection de l’entreprise. Cinq jours plus tard, je me suis rendu compte que le fournisseur m’avait escroqué », déplore-t-il.

Après avoir constaté l’escroquerie, Mohamed Camara dit avoir multiplié les démarches pour tenter de récupérer son argent. Il affirme avoir contacté à plusieurs reprises le fournisseur via la messagerie de la plateforme et WhatsApp, sans obtenir de réponse satisfaisante.

Le jeune commerçant assure également avoir saisi le service client et transmis plusieurs éléments censés prouver la transaction, notamment des captures d’écran des échanges, des preuves de virement et la facture. Face à l’absence de solution, il dit avoir finalement abandonné ses démarches, malgré l’espoir de récupérer son argent.

« J’avais toujours l’espoir de récupérer mon argent. J’ai engagé des démarches auprès de l’entreprise. Je leur ai envoyé plusieurs informations, comme des captures d’écran et toutes les coordonnées du fournisseur. Mais rien n’a porté ses fruits », regrette-t-il.

Après cette mésaventure, Mohamed Camara appelle les autres jeunes qui souhaitent se lancer dans le commerce en ligne à faire preuve de beaucoup plus de prudence. Il les encourage notamment à bien vérifier les fournisseurs, à sécuriser leurs paiements et à éviter de se précipiter face à des offres particulièrement attractives.

Imprudence, méconnaissance des procédures ou manque de formation ? Pour Amadou Keïta, jeune diplômé qui dispense depuis 2021 des formations en ligne sur les techniques d’achat de produits sur différentes plateformes, notamment Alibaba en Chine et sur le marché turc, plusieurs erreurs peuvent exposer les acheteurs aux arnaques.

Selon lui, le manque de formation constitue l’une des principales faiblesses des personnes qui se lancent dans le commerce en ligne sans maîtriser les mécanismes d’achat et les précautions à prendre.

« Il faut vraiment une étude de qualité pour s’intéresser aux achats en ligne, parce que tu as affaire à des personnes que tu ne connais pas. Vouloir se lancer directement parce que vous jugez un produit bon marché équivaut à se faire arnaquer. Si on parle du marché chinois sur Alibaba, les bons fournisseurs sont sous le contrôle de l’entreprise. Les mauvais travaillent en dehors de ce contrôle ; seule une étude peut permettre de les distinguer. Dans des espaces de vente locaux sur Meta, plusieurs personnes sont souvent victimes », explique-t-il.

Pour éviter ces mauvaises surprises, Amadou Keïta invite les personnes qui souhaitent se lancer dans cette activité à se former auprès de professionnels et à mieux maîtriser les mécanismes de paiement, le choix des fournisseurs ainsi que les dispositifs de protection proposés par les plateformes.

Alors que le commerce numérique prend de l’ampleur en Guinée, les opportunités offertes par les plateformes internationales sont nombreuses, mais elles nécessitent également de la prudence. Pour les jeunes entrepreneurs, la différence entre une bonne affaire et une lourde perte peut parfois dépendre d’une seule chose : la maîtrise des outils et des procédures d’achat en ligne.

Akoï Pascal Boré

Articles Similaires

Sabadou-Baranama : nouvelle préfecture, vieux défis et criant déficit d’infrastructures

LEDJELY.COM

Éboulement à Dar-es-Salam : après le drame, les autorités sortent les bulldozers

LEDJELY.COM

Centrafrique : après au moins 100 morts, la mine d’or de Zamboyé fermée

LEDJELY.COM

Guinée : Mamadi Doumbouya crée deux nouvelles régions et onze préfectures

LEDJELY.COM

Bah Oury : « ce qui reste à faire est encore beaucoup plus important»

LEDJELY.COM

BEPC 2026 en Guinée : le taux de réussite franchit la barre des 58 %

LEDJELY.COM
Chargement....