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Azaya Boss, Patronat… : le BGDA met en garde contre les dérives des fans

Depuis plusieurs semaines, la rivalité entre les communautés de fans de certains artistes guinéens, notamment celles qui se réclament d’Azaya Boss et du Patronat, dépasse désormais le cadre de la création artistique. Injures, moqueries humiliantes, menaces et attaques visant parfois les familles alimentent une escalade qui inquiète les autorités en charge du secteur culturel. Face à cette situation, le directeur général du Bureau guinéen des droits d’auteur (BGDA), Moussa Fofana a animé, ce lundi 21 septembre 2026, une conférence de presse conjointe avec le patron de la DGS. Une occasion mise à profit pour mettre en garde les personnes impliquées dans ces dérives et rappelé les dispositions légales susceptibles de s’appliquer à certains comportements.

Dès l’entame de son intervention, Moussa Fofana a tenu à préciser que cette sortie ne constituait pas une mise en accusation.

« Elle ne cible personne, elle n’établit la culpabilité de personne. Au contraire, elle met en garde, elle sensibilise, elle avertit et elle permet que l’ordre public ne soit pas menacé à travers les créateurs ou à travers des gens qui se réclament du bord, des groupes, des créateurs, encore mieux à travers leurs œuvres », a-t-il indiqué.

Le directeur général du BGDA a ensuite insisté sur la distinction entre la protection accordée aux artistes et les actes susceptibles de tomber sous le coup de la loi.

« Je suis artiste, donc ma parole est protégée. Non. Le droit d’auteur protège l’œuvre, pas les outrages. Le droit d’auteur protège l’œuvre, mais la loi sur la propriété littéraire et artistique en République de Guinée n’a aucune disposition qui couvre l’injure, qui couvre l’humiliation, qui couvre l’indignation humaine », a-t-il indiqué.

Moussa Fofana a également rappelé que la détention d’une licence de spectacle ne constitue pas une autorisation générale permettant de tenir n’importe quel propos ou d’adopter n’importe quel comportement.

« J’ai une licence de spectacle, donc je suis en règle. Non. Une licence de spectacle t’autorise à exercer une activité ou un métier. Elle n’a jamais été un permis pour tout dire, pour tout faire et contre n’importe qui », a-t-il poursuivi.

La responsabilité éventuelle des artistes vis-à-vis des agissements de leurs fans a également été au cœur de l’intervention du responsable du BGDA.

« Ce n’est pas moi, ce ne sont pas mes fans. C’est la chose la plus dangereuse parce que, en tout état de cause, un artiste pourrait voir sa responsabilité mise en cause pour le fait de ses fans, par complicité », a-t-il déclaré.

Faisant référence à l’article 19 du Code pénal relatif à la complicité, Moussa Fofana a appelé les artistes à dénoncer les comportements répréhensibles au sein de leurs communautés.

« Lorsque vous vous réclamez responsable, leader d’un groupe qui vous chante, vous acclame, qui vous applaudit et que vous n’êtes pas en accord avec les principes que les uns et les autres tiennent à l’égard de la population, des mères et des pères des autres, vous devez les dénoncer », a-t-il dit.

Il a également exhorté les artistes à sortir du silence lorsqu’ils constatent de tels agissements.

« Sortez de votre silence. Mais lorsque vous vous taisez, vous voulez laisser insulter les mamans, vous prenez les injures, les sorties, vous chantez, vous dansez, vous faites des contenus dessus, vous engagez votre responsabilité par complicité », a-t-il martelé.

Pour Moussa Fofana, le statut d’artiste ne place personne au-dessus de la loi.

« L’artiste qui insulte n’est pas un artiste protégé, c’est un citoyen exposé tout simplement comme tout autre à la loi pénale. Le droit moral, qui est une composante du droit d’auteur, est un droit perpétuel, inaliénable, imprescriptible et insaisissable », a-t-il conclu.

Balla Yombouno

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