Les querelles entre communautés de fans de certains artistes guinéens prennent une ampleur qui dépasse désormais le cadre musical. Insultes, provocations, menaces et attaques contre les proches alimentent une tension croissante, poussant les autorités culturelles à réagir. La Direction générale des spectacles (DGS) annonce ainsi un durcissement de son dispositif face à ces dérives. Son directeur général, Aboubacar Diallo, a détaillé les nouvelles mesures envisagées lors d’une conférence de presse conjointe avec le BGDA, ce lundi 21 septembre 2026.
Pour la DGS, les rivalités entre artistes et leurs communautés de fans ne doivent pas déborder sur l’ordre public ni transformer les spectacles en espaces de confrontation.
Aboubacar Diallo a annoncé plusieurs dispositions destinées à prévenir les tensions et à responsabiliser les différents acteurs du secteur.
Désormais, les dossiers de demande d’autorisation pourraient notamment intégrer un engagement écrit du promoteur et de l’artiste principal à s’abstenir de tout propos injurieux, discriminatoire ou susceptible d’attiser l’hostilité entre communautés de fans.
La DGS prévoit également l’obligation de mettre en place un service d’ordre adapté au niveau de risque identifié, avec une coordination préalable avec les services de sécurité.
Autre mesure annoncée : le refus, la suspension ou le retrait de l’autorisation lorsque la communication autour d’un spectacle repose sur la provocation ou le défi lancé à un autre artiste.
La DGS entend également proposer au ministre la suspension, puis le retrait de la licence des titulaires qui persisteraient dans ces pratiques. Les faits susceptibles de recevoir une qualification pénale devraient, par ailleurs, être systématiquement transmis au procureur de la République.
S’adressant directement aux artistes et aux promoteurs, Aboubacar Diallo a insisté sur les conséquences que peuvent avoir les comportements publics sur leur carrière.
« Or, la réputation se construit lentement et se perd en une soirée. Le promoteur qui programme un artiste dont les sorties publiques déclenchent des tensions prend un risque commercial, un risque juridique et un risque humain. Ce risque, les compagnies d’assurance ne le couvrent pas ; les familles endeuillées, elles, ne se consolent d’aucune recette », a-t-il souligné.
Pour le responsable de la DGS, la question dépasse donc la simple rivalité artistique. Elle concerne également la responsabilité des organisateurs et des artistes lorsque leurs activités ou leurs prises de parole contribuent à créer un climat de tension.
Aboubacar Diallo a toutefois tenu à préciser le rôle de la DGS, en écartant toute volonté d’intervenir dans la création artistique ou de censurer les rivalités entre artistes.
« Elle ne juge ni les styles, ni les textes, ni les rivalités artistiques, qui appartiennent au public et à l’histoire. Elle exige seulement que le spectacle reste un spectacle », a-t-il conclu.
Cette mise en garde intervient alors que les tensions entre certaines communautés de fans suscitent de plus en plus de réactions dans le milieu culturel guinéen. Avec les nouvelles dispositions annoncées, la DGS entend désormais faire de la prévention, de la responsabilisation des acteurs et du respect de l’ordre public des éléments centraux dans l’encadrement des spectacles.
Balla Yombouno


