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Devoir conjugal supprimé en France : et en Guinée, est-ce possible ?

Le 28 janvier dernier, la France a franchi un cap symbolique en abolissant toute notion de devoir conjugal dans le mariage. Une décision qui rompt avec une disposition longtemps controversée, selon laquelle le refus de relations sexuelles pouvait être assimilé à une faute lors d’un divorce, une incohérence juridique déjà sanctionnée par la justice européenne. En réaffirmant que le consentement ne peut être ni présumé ni imposé, le nouveau texte relance le débat bien au-delà des frontières françaises. En Guinée, où le mariage demeure étroitement encadré par les normes sociales, culturelles et religieuses, cette réforme suscite interrogations, réactions et prises de position contrastées.

Dans un contexte guinéen où la notion de devoir conjugal est souvent perçue comme une évidence au sein du couple marié, l’annonce française suscite incompréhensions et débats. Pour certains, elle remet en cause les fondements mêmes du mariage.

Abdourahmane Diallo, menuisier dans la quarantaine et père de quatre enfants, ne cache pas son indignation.

« Cette décision de la France est une pure folie. Comment se fait-il que tu dotes une fille pour qu’elle devienne ta femme légitime et que tu n’aies aucun droit conjugal sur celle-ci ? Dans ce cas, mieux vaut être célibataire. Heureusement que cette décision est uniquement pour la France », martèle-t-il.

À l’inverse, Mohamed Cissé, enseignant, appelle à une lecture plus nuancée de la situation.

« La France est un grand État, et de là jusqu’à ce que tous les députés votent unanimement pour entériner l’absence des droits conjugaux dans le mariage, alors je suppose que la situation doit être d’une gravité extrême pour en arriver là », précise-t-il.

Du côté des femmes, la décision française fait écho à des réalités souvent vécues dans le silence. Oumou Lamarana Sow estime la mesure « louable à 80 % », soulignant les violences subies par certaines épouses.

« Une femme doit se sentir en sécurité avec son mari. Pas mal d’entre nous subissent des horreurs dans leurs foyers et n’osent pas parler. Dès que tu commences, c’est pour te jeter à la “je suis ton mari et j’ai tous les droits sur toi”. Nous, les femmes, pouvons avoir envie de faire l’amour avec notre partenaire légal si celui-ci ne manifeste aucun désir. On est d’accord. Mais gare à toi, femme, de refuser pour ton mari. Les conséquences peuvent être fatales des fois », indique-t-elle.

Entre attachement aux valeurs traditionnelles et nécessité de protéger les femmes contre les violences conjugales, le sujet demeure profondément clivant.

Mariama Ciré Diallo

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