Fermé depuis près d’un an, le débarcadère de Nongoa, véritable poumon économique de cette localité frontalière, cristallise frustrations et inquiétudes. À l’occasion de la tournée de prise de contact du nouveau préfet dans les communes rurales, ce lundi 16 février, les citoyens ont plaidé avec insistance pour la réouverture de la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone, fermée à la suite du différend de Yengah opposant les deux pays.
Dans son discours de bienvenue, le président de la délégation spéciale de Nongoa a d’abord réaffirmé l’engagement de sa population à soutenir les actions du gouvernement. Mais très vite, il a mis en avant la détresse économique qui frappe la zone depuis la fermeture de la frontière.
« Monsieur le préfet, votre séjour à Nongoa nous réconforte et montre combien de fois le président Mamadi Doumbouya attache de l’importance à la communauté à la base. Nongoa est une zone frontalière où le commerce est développé. Mais on ne peut pas passer sous silence la fermeture de la frontière entre la Guinée et la Sierra Léone. Depuis lors, cette situation impacte négativement les activités économiques transfrontalières qui constituent une source essentielle de revenus pour nos citoyens. La réouverture sécurisée et encadrée permettra de renforcer le commerce local, la coopération entre les communautés voisines », a plaidé Tamba Gabriel Bongono.

Dans la salle, plusieurs citoyens directement affectés ont également pris la parole, appelant les autorités des deux pays à privilégier le dialogue.
« Après mes études, comme je n’ai pas encore d’emploi, je me débrouille dans le commerce entre la Guinée et la Sierra Léone. Depuis qu’il y a la fermeture de cette frontière, aujourd’hui, on souffre car nos activités sont à l’arrêt. Il faut que les deux chefs d’État prennent une décision qui peut soulager les deux peuples. Nous souffrons. On ne parvient plus à soutenir nos enfants et nos maris ne travaillent pas. Ce sont nous les femmes qui payons les frais », a confié Sona Millimouno.
Même son de cloche chez Lancinè Doumbouya, qui estime que les femmes paient le plus lourd tribut.
« Depuis la fermeture de la frontière là, ce sont nos femmes qui faisaient des va-et-vient qui souffrent le plus. Nous demandons à nos présidents de se comprendre et de trouver une solution », a-t-il déclaré.
Face à ces doléances, le préfet de Gueckédou, le général Kandia Mara, a promis de transmettre fidèlement les préoccupations de la population aux autorités compétentes. Il a toutefois appelé au calme. « Je vous invite à la vigilance et à la retenue », a-t-il conseillé.
En attendant une éventuelle décision politique entre Conakry et Freetown, à Nongoa, l’espoir d’une réouverture demeure suspendu aux négociations entre les deux États.
Niouma Thèdan Kamadou Kamano pour ledjely.com


