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MASSACRES DU 28 SEPTEMBRE : vers la requalification des faits ?

Dans le procès des massacres du stade du 28 septembre qui se tient à Conakry depuis quasiment un mois, il n’y a pas que la comparution des accusés qui défilent à la barre. Il y a aussi notamment ce débat portant sur la requalification possible des faits. Certains souhaitant les horribles événements d’il y a treize ans soient requalifiés en crimes contre l’humanité. Le débat a particulièrement été soulevé en marge de la troisième journée de comparution de l’ancien aide de camp du président Moussa Dadis Camara, à savoir Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba.

C’est Me Hamidou Barry, avocat de la partie civile qui, en marge des questions qu’il posait à Toumba Diakité, a soulevé la question. Tout de suite, il y a eu une levée de bouclier de la part de ses confrères de la défense, qui ont exigé qu’on s’en tienne à la qualification avec laquelle les gens ont été renvoyés devant le tribunal. Mais l’avocat, particulièrement promoteur de la CPI n’entend pas lâcher prise. Ainsi, intervenant sur les antennes de la radio Espace FM ce jeudi 26 octobre, il a de nouveau défendu la nécessité de la requalification. En effet, dit-il, si on s’en tient à la qualification contenue dans l’ordonnance de renvoi actuelle, il y a des risques de certains accusés, quoi que responsables, puissent réchapper. Il s’agirait notamment selon lui, des responsables sur la base du « commandement hiérarchique ». « Si on reste dans le cadre du droit ordinaire, beaucoup vont échapper la procédure », dit-il.

Par ailleurs, l’avocat note qu’avec la requalification, il sera possible de « porter plainte contre ceux qui ne sont pas (encore) dans la procédure ».

Du côté du président du Tribunal criminel, la question n’est pas encore tranchée. Dans l’absolu, dit Ibrahima Sory 2 Tounkara, « rien n’interdit au tribunal de pouvoir procéder à une requalification ». Mais pour l’instant, « le tribunal estime qu’on n’est pas dans cette phase (et que) quand la question sera soumise au tribunal, toutes les parties, de façon contradictoire, seront écoutées. Et enfin le tribunal va répondre ».

La parenthèse est donc ouverte. Mais elle n’est pas encore fermée.

N’Famoussa Siby

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