Au lendemain de la proclamation des résultats globaux provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, donnant le candidat Mamadi Doumbouya vainqueur avec plus de 86 % des suffrages, le Front Démocratique de Guinée (FRONDEG) a tenu un point de presse à son siège national. Abdoulaye Yéro Baldé et ses alliés rejettent les résultats.
Dans une déclaration solennelle lue par son président, Abdoulaye Yero Baldé, le parti a rejeté les chiffres officiels qui le classent en deuxième position, estimant qu’ils ne traduisent pas la volonté réelle exprimée par les électeurs dans les urnes.
Reconnaissant la proclamation des résultats par les autorités électorales, le leader du FRONDEG a toutefois vivement contesté leur crédibilité. « Les résultats officiels annoncés nous placent en deuxième position. Mais je dois vous dire la vérité telle qu’elle est : ces chiffres ne reflètent pas votre volonté. Là où les citoyennes et les citoyens ont pu voter librement, sans pression ni intimidation, là où les procès-verbaux ont pu être établis et transmis normalement, le verdict populaire a été clair : le peuple nous a placés en tête », a-t-il déclaré.
Selon Abdoulaye Yero Baldé, le scrutin s’est déroulé dans des conditions profondément inéquitables, remettant en cause la sincérité du vote. Pour lui, l’enjeu dépasse de loin une simple compétition électorale. « Ce n’est pas seulement un score que l’on annonce : c’est une suppression de la souveraineté du citoyen. Mais on n’efface pas une nation, on n’étouffe pas durablement une volonté populaire », a-t-il affirmé.
Malgré ces graves accusations, le président du FRONDEG a tenu à rassurer l’opinion nationale et internationale quant à la ligne de conduite de son parti, écartant toute perspective de violence. « Nous n’appellerons pas notre peuple à se mettre en danger. Notre lutte est politique ; elle est stratégique ; elle est tournée vers la construction, pas vers la destruction. Diriger, c’est savoir quand la pression existe et savoir quand ne pas la relâcher, sans jamais sacrifier des vies », a-t-il souligné.
Le responsable politique a également insisté sur la portée sociale du message adressé par les électeurs. « Le message envoyé par les Guinéens n’était pas un appel au désordre. C’était un appel à des solutions : des écoles et des enseignants, des hôpitaux et des soignants, des emplois pour la jeunesse, des routes et des infrastructures, de l’énergie, et un État qui fonctionne avec discipline, efficacité, intégrité et respect pour ses citoyens », a-t-il signalé.
D’après le FRONDEG, ce projet de société a recueilli un large soutien partout où les électeurs ont pu s’exprimer librement, constituant ce que le parti qualifie de « mandat civil ». Se réclamant de cette légitimité populaire, le mouvement affirme privilégier la responsabilité et le dialogue politique. « Nous choisissons la responsabilité plutôt que la confrontation. Nous choisissons la fermeté dans la vérité, mais aussi le dialogue plutôt que la violence », a-t-il indiqué
Insistant sur la nécessité d’une stabilité fondée sur la légitimité démocratique, Abdoulaye Yero Baldé a lancé un avertissement clair. « Il n’y a pas de paix durable dans l’injustice, pas d’avenir solide dans le mensonge : il n’y a de stabilité réelle que dans la légitimité », a-t-il martelé.
En outre, le président du FRONDEG a réaffirmé la détermination de son parti à poursuivre la contestation sur le terrain strictement légal.
« Notre position reste ferme. Ces résultats ne reflètent pas la réalité des urnes. Nos équipes juridiques sont déjà mobilisées pour engager les recours nécessaires auprès de la Cour suprême », a-t-il conclu.
Thierno Amadou Diallo


