Au lendemain de la victoire du président Mamadi Doumbouya à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, une voix du gouvernement appelle à l’apaisement. Invité Afrique de RFI ce vendredi 9 janvier, le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a publiquement exprimé le souhait de voir le chef de l’État accorder un geste de clémence au jeune leader politique Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL), actuellement incarcéré.
« J’espère qu’il y aura une clémence, c’est un jeune acteur politique, nous souhaitons que le président de la République soit clément et qu’un geste soit fait en sa faveur, parce que lui au moins le procès est passé et le jugement a été acté. Ce serait quelque chose de formidable pour nous que le président de la République puisse accéder (à notre souhait) et lui faire un geste de clémence », a déclaré le ministre.
Aliou Bah est en détention depuis la fin de l’année 2024. Il avait été interpellé puis poursuivi par la justice guinéenne pour des faits liés à ses prises de position publiques, notamment des accusations d’offense au chef de l’État et d’atteinte à l’ordre public, selon les autorités judiciaires. Son procès, très suivi par l’opinion, s’était soldé par une condamnation en première instance, confirmée par la suite en appel.
La situation du président du MoDeL est régulièrement dénoncée par ses partisans et par plusieurs organisations de la société civile, qui y voient une atteinte à la liberté d’expression et à l’activité politique. À l’inverse, les autorités ont toujours soutenu que la procédure s’est déroulée dans le strict respect des règles judiciaires en vigueur.
En soulignant que « le procès est passé et le jugement acté », Ousmane Gaoual Diallo inscrit son appel dans un registre institutionnel, en rappelant que la clémence présidentielle relève d’un pouvoir discrétionnaire du chef de l’État, distinct du travail de la justice. Son propos intervient dans un contexte politique particulier, marqué par la fin de la transition et le retour progressif à l’ordre constitutionnel.
Cette sortie du porte-parole du gouvernement peut être perçue comme un signal d’ouverture et de décrispation, après le discours du président de la République promouvant l’unité et le rassemblement, justement. Un éventuel geste de clémence en faveur d’Aliou Bah pourrait ainsi être interprété comme un acte symbolique fort, en direction de l’opposition et de la jeunesse politique guinéenne.
Cette déclaration d’Ousmane Gaoual Diallo relance le débat sur la place de l’opposition et la nécessité de gestes d’apaisement dans la Guinée post-présidentielle.
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