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Accusé de détournement, l’ex-ministre Ibrahima Kourouma répond : « Je ne me reproche rien »

Le procès de l’ex-ministre de l’Éducation nationale, Ibrahima Kourouma, s’est poursuivi ce mardi devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), délocalisée à la Cour d’appel de Conakry. Poursuivi pour détournement de deniers publics et enrichissement illicite, l’ancien ministre a nié avec fermeté toutes les accusations portées contre lui.

À la barre, Ibrahima Kourouma a contesté le contenu du rapport des inspecteurs.

« Je voudrais préciser que, même si les éléments du rapport de l’Inspection générale d’Etat (IGE) ne tiennent pas, il existe un service des examens. Les inspecteurs n’ont procédé à aucune confrontation. J’ai été entendu le 21 avril 2022 », a-t-il déclaré.

Il a également affirmé n’avoir jamais été mis en demeure.

« Je suis pharmacien et je vis des médicaments depuis 1995. En 1993, j’étais assistant à la pharmacie de Kipé. J’ai obtenu mon agrément il y a 20 ans. Le métier que j’exerce me permet de vivre. Pour preuve, je suis en prison, mais ma famille vit tranquillement. Je n’ai jamais été convoqué par l’Ordre des pharmaciens. Je reste sur ma position : tout ce qu’on me reproche en matière d’enrichissement illicite, je peux le justifier. Est-ce que le fait d’être ministre est un crime ? Est-ce que le fait d’être pharmacien est un délit ? Je demande à la Cour d’établir la vérité », a-t-il soutenu.

Interrogé sur ses investissements et terrains, il a répondu : « Tous les domaines dont on parle, je les ai achetés avec mon propre argent, notamment à Sonfonia et Sangoyah. Si j’avais reçu une mise en demeure, nous ne serions pas là aujourd’hui. Lorsque j’étais ministre, la ministre de la Fonction publique de l’époque a tout fait pour me faire intégrer la fonction publique, mais je n’ai jamais accepté ».

Poursuivanr, il ajoute : « Tous les contrats sont conclus au niveau du ministère des Finances. Monsieur le Président, je vous rappelle que je suis ici parce que le travail n’a pas été fait correctement. Je demande qu’on me montre ce que j’ai fait de mal. J’ai fourni des efforts au ministère de l’Éducation. Pendant l’épidémie d’Ebola, j’ai sillonné la Guinée pour ramener les élèves et les enseignants à l’école ».

« On parle de terrains : nous avons immatriculé 300 000 hectares, sans oublier les titres fonciers. Il est plus facile pour un ministre de l’Habitat d’obtenir un titre foncier que pour un Premier ministre. J’insiste et je persiste : ce pour quoi je suis accusé, je n’en suis pas responsable. Je ne vis pas des deniers publics. Je ne me reproche  rien », a-t-il affirmé.

Le ministère public, par la voix du procureur Aly Touré, a alors interrogé l’ex-ministre sur la nature de sa rémunération.

« Non, j’étais d’abord payé à sept millions et quelques, ensuite à dix millions cinq cent mille francs guinéens par mois », a-t-il répondu.

L’agent judiciaire de l’État a ensuite demandé si ce salaire pouvait expliquer l’ensemble de ses biens. Ibrahima Kourouma a répliqué : « Ce n’est pas le salaire de ministre qui me fait vivre. J’ai une autre activité : officier pharmacien ».

Par la suite, l’agent judiciaire a sollicité la comparution d’Amara Kourouma, frère de l’ancien ministre, afin de clarifier la situation autour de l’immeuble de Lambanyi, estimé à des centaines de millions de francs guinéens. La défense a jugé cette demande inopportune : « Si ce n’est pas pour retarder le procès, cette demande est inopportune. Tous les éléments nécessaires sont déjà versés au dossier pour permettre à la Cour de statuer ».

Au moment de la publication, Ibrahima Kourouma continuait de répondre aux questions de l’agent judiciaire de l’État et des autres parties.

Nous y reviendrons.

Balla Yombouno, depuis la CRIEF.

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