Après son élection et son investiture à la tête de la magistrature suprême, le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’apprête à nommer un nouveau locataire du palais de la Colombe. Un signal fort a déjà été donné : le Premier ministre Amadou Oury Bah a récemment instruit les membres de son gouvernement de préparer les documents de passation de charges. Dans la région de Kankan, cette perspective ravive le débat sur le profil idéal du futur chef du gouvernement. De nombreux citoyens interrogés ce matin plaident pour un Premier ministre technocrate, loin des calculs politiques.
Dans la commune urbaine de Kankan, le message est clair : les populations disent ne plus vouloir d’un chef de gouvernement issu des partis politiques. Elles appellent à un profil technique, capable de produire des résultats concrets et mesurables.
Pour Ibrahima Touré, président du Conseil préfectoral de la société civile de Kankan, le pays a besoin d’un véritable bâtisseur.
« Nous avons besoin d’un premier ministre de profil technocrate et qui va avoir des qualités et capacités pour recoudre le tissu social. Nous voulons un homme qui va aider le président à rehausser le niveau de vie des guinéens en accompagnant l’agriculture, en construisant des pistes rurales et à l’électrification du reste du pays. On veut voir des choses de façon plus pratique », souhaite-t-il.
Même son de cloche au quartier Korialen, où exerce Mohamed Barry, sociologue de formation. Ce dernier estime qu’il est temps de tourner la page des expériences politiques peu convaincantes et d’ouvrir une nouvelle ère plus pragmatique.
« Nous avons beaucoup de premiers ministres issus de partis politiques et dont les résultats sont restés mitigés. Je veux que le président de la République choisisse quelqu’un qui va se mettre au travail. Quand nous aurons un premier ministre bosseur et un gouvernement qui créeront des emplois, tout prendra fin », affirme-t-il sans détour.
De son côté, Mamadi Kansan Doumbouya, directeur régional de l’Information et de la Communication de Kankan, invite le chef de l’État à élargir son regard vers les compétences locales, souvent méconnues mais pourtant efficaces.
« Je veux un premier ministre patriote, qui aime la Guinée sa patrie et qui mesure pleinement les défis du moment. Je voudrais qu’on privilégie celui qui est né en Guinée et surtout un grand technocrate, compétent et un homme sociable. Je ne souhaite plus avoir trop de postes ministériels. Nous voulons des hommes et des femmes dégourdis pour la cause de la Guinée. Je propose au chef de l’État de penser aux cadres qui sont à l’intérieur du pays car beaucoup possèdent des qualités exceptionnelles. Je m’attends aux gens qui parlent peu mais qui travaillent beaucoup », conclut-il.
À Kankan, le plaidoyer est unanime : le futur Premier ministre devra être un homme d’action, capable de transformer les promesses en réalisations concrètes et d’accompagner efficacement la vision du chef de l’État.
Michel Yaradouno, depuis Kankan


