Après l’attaque inédite qui a frappé le Niger dans la nuit du mercredi 28 au jeudi 29 janvier, il a fallu de longues heures avant que le chef de la junte, Abdourahamane Tiani, prenne la parole. Et quand il l’a fait, ses mots ont frappé par leur virulence.
Selon le président, une tentative d’infiltration par des mercenaires téléguidés visait la base aérienne et l’aéroport international Diori-Hamani. Mais l’ennemi aurait été mis en déroute en moins de 20 minutes, grâce à la coordination des forces de défense et de sécurité et de partenaires russes.
« l’ennemi totalement en déroute. Certains sont neutralisés sur le champ, d’autres ont été neutralisés dans leur panique déroute », a-t-il indiqué.
Ce qui a surtout retenu l’attention, c’est la manière dont Tiani a désigné certains dirigeants étrangers : Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, qualifiés d’“aboyeurs” : « nous les avons suffisamment écoutés aboyer qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir ».
Au-delà de l’alerte sécuritaire, cette sortie interpelle. Employer le terme “aboyer” pour parler de chefs d’État frôle la provocation et risque de tendre des relations diplomatiques déjà fragiles. Si la vigilance militaire est légitime, le ton belliqueux et les attaques personnelles donnent à cette communication une dimension politique plus que factuelle.
Siby


