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Boké : la pénurie de liquidité plombe les préparatifs de l’Aïd al-Fitr

À l’approche de l’Aïd al-Fitr, censée être un moment de joie et de partage, les habitants de Boké se heurtent à une réalité préoccupante : la pénurie d’argent liquide. Dans cette ville comme ailleurs en Guinée, la crise de liquidité perturbe les habitudes de consommation et rend particulièrement difficiles les préparatifs de cette fête majeure.

Dans les marchés de la ville, acheteurs et vendeurs tentent de s’adapter en se tournant vers les transactions électroniques, notamment via les services de transfert d’argent. Une solution de substitution qui peine toutefois à s’imposer pleinement. Si certains commerçants acceptent ces modes de paiement, d’autres, déjà saturés par les dépôts, affichent leur réticence.

Aucun secteur n’est épargné. Prestataires de services, fonctionnaires, commerçants et artisans subissent de plein fouet les conséquences de cette pénurie, rendant difficile la gestion des dépenses liées à la fête. Kalabane Mohammed, décorateur de maillots, témoigne : « Même pour acheter nos matériaux de travail, nous sommes obligés de faire des dépôts via Orange Money ou autres services. Mais tous les fournisseurs n’acceptent pas ces moyens de paiement ».

Au marché Hangar, la situation est tout aussi préoccupante. Diallo Mamadou Yaya, venu acheter des habits pour son neveu, a dû repartir bredouille.

« Je n’avais pas d’espèces sur moi. Les commerçants ont refusé les dépôts, expliquant qu’ils en avaient déjà trop reçu. J’ai tenté de faire un retrait, mais c’était impossible. Je suis donc reparti sans rien », explique-t-il avec frustration.

Face à cette impasse, certains professionnels n’ont d’autre choix que de s’adapter. À la 110ᵉ rue, Maître Yaya, tailleur, accepte désormais les paiements électroniques.

« C’est compliqué, mais nous n’avons pas le choix. La majorité de mes clients paient par Orange Money, et moi-même j’achète mes fournitures de la même manière. Nous sommes obligés de nous adapter », confie-t-il.

Contrairement aux années précédentes, dominées par les inquiétudes liées à la flambée des prix des denrées, les citoyens pointent cette fois du doigt la difficulté d’accéder à l’argent liquide. Une réalité qui met en lumière les tensions actuelles sur la circulation monétaire en Guinée et leurs répercussions directes sur le quotidien des populations, en pleine période de ferveur et de préparatifs festifs.

Mamadou Bah, depuis Boké

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