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Télésanté, clinique mobile et lutte contre les VBG : le pari du Japon et de l’UNFPA

L’Ambassade du Japon en Guinée et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) ont procédé, ce mardi, au lancement officiel du projet intitulé : « Amélioration de l’accès aux services de santé maternelle et néonatale et lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) grâce à la digitalisation d’un système intégré de diagnostic et de prise en charge optimisée par télésanté en Guinée dans un contexte humanitaire ».

Financé par le Gouvernement japonais à hauteur de 393 333 dollars américains et mis en œuvre par l’UNFPA, ce projet sera exécuté de mars 2026 à février 2027. Il vise à renforcer l’accès des femmes aux soins de santé maternelle et néonatale, tout en améliorant la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre dans un contexte marqué par les inondations récurrentes et les épidémies, notamment le Mpox.

Dans son intervention, la représentante résidente de l’UNFPA en Guinée, Akumiah Afiwa, a d’abord eu une pensée pour les victimes des catastrophes naturelles avant de mettre en avant le caractère innovant de cette initiative.

« Ce projet n’est pas une simple intervention de routine ; il s’agit d’un saut technologique pour notre système de santé. En intégrant la solution de diagnostic rapide SPAQ, nous mettons la puissance de la technologie au service des zones laissées pour compte. Ce système fonctionnera avec une clinique mobile et permettra d’apporter l’échographie, le diagnostic précoce et les soins néonataux là où ils sont le plus nécessaires », a-t-elle expliqué.

Pour la responsable de l’UNFPA, ce projet poursuit « une triple ambition : sauver des vies, protéger les femmes et renforcer le système de santé ». Elle a également exprimé sa gratitude au Gouvernement japonais pour « sa confiance renouvelée et son leadership constant dans le domaine de la santé mondiale ».

De son côté, l’ambassadeur du Japon en Guinée, Kato Ryuichi, a rappelé que les crises humanitaires successives affectent particulièrement les femmes enceintes et les nouveau-nés.

« La Guinée a malheureusement été confrontée à de multiples reprises à des défis humanitaires, notamment des inondations récurrentes et des épidémies telles que le Mpox et la rougeole. Il est particulièrement préoccupant que les femmes enceintes, les jeunes enfants et les nouveau-nés aient souvent un accès limité aux soins essentiels dans ces contextes », a-t-il indiqué.

Le diplomate a ensuite détaillé les principales composantes du projet.

« Notre soutien permettra de déployer une clinique mobile et d’équiper dix structures de santé. La technologie innovante SPAQ de SOIK Corporation sera adoptée. En connectant une application dédiée à un échographe portable, cette solution permet d’optimiser et de moderniser le suivi prénatal régulier, la centralisation des résultats et le monitoring dans les zones isolées », a-t-il expliqué.

Selon lui, l’initiative permettra également la formation de 20 sages-femmes et bénéficiera directement à plus de 5 000 femmes enceintes ainsi qu’à plus de 5 000 nouveau-nés.

Représentant le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités, le secrétaire général Yassi Roger Klonon a salué une approche qui rapproche davantage les services de santé des populations.

« On a l’habitude de croire que quand on est malade, il faut aller vers l’hôpital. Aujourd’hui, avec la solution mobile, il y a davantage de possibilités pour que les opérateurs de santé viennent vers le malade. C’est cela l’innovation que je veux saluer », a-t-il affirmé.

Il s’est également réjoui de la place accordée à la lutte contre les violences basées sur le genre.

« Le fait de combiner santé, innovation sanitaire et lutte contre les VBG nous paraît une option très salutaire. Le contexte d’inondation et de vulnérabilité peut être porteur d’abus contre les femmes et les enfants. C’est pourquoi nous sommes particulièrement satisfaits de cette approche intégrée », a-t-il souligné.

Au nom du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Dre Fatoumata Battouly Diallo a illustré les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes enceintes lors des situations d’urgence.

« Quelque part dans une ville ou un quartier de Conakry que les eaux ont coupé du reste de la ville, une femme est en train d’accoucher. La route est sous l’eau, le centre de santé le plus proche est fermé et la sage-femme, quand il y en a une, est à plusieurs heures de route. Cette femme, nous la connaissons tous », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé que les inondations de 2024 ont affecté plus de 175 000 Guinéens et que ce nouveau projet vise précisément à limiter les conséquences de telles situations.

« Une clinique mobile et dix structures de santé seront équipées d’une technologie japonaise simple et robuste. Une échographie portable qui tient dans un sac permettra à une sage-femme d’examiner une femme enceinte là où elle se trouve et de repérer à temps une grossesse à risque », a-t-elle expliqué.

Elle a également précisé que « plus de 5 000 femmes enceintes et autant de nouveau-nés bénéficieront directement de ce projet » avant d’ajouter que « ces services seront gratuits ».

Prenant la parole au nom du ministère du Plan et de la Coopération internationale, Fatoumata Touré a souligné que cette initiative s’inscrit pleinement dans la vision de développement portée par les autorités guinéennes.

« Pour le président de la République, la digitalisation n’est ni un gadget ni un luxe réservé aux grandes villes. C’est un levier d’équité territoriale et de justice sociale capable de porter les services essentiels jusqu’aux populations les plus éloignées et les plus vulnérables », a-t-elle affirmé.

Elle a salué l’engagement du Gouvernement japonais, de l’UNFPA ainsi que de l’ensemble des partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet, estimant que cette initiative apportera « une réponse concrète, intelligente et digne » aux défis sanitaires et sociaux auxquels les femmes guinéennes sont confrontées.

La cérémonie s’est achevée par la signature des documents de partenariat entre les différentes parties prenantes, consacrant ainsi le démarrage officiel de ce projet ambitieux qui entend améliorer durablement la santé maternelle et néonatale tout en renforçant la lutte contre les violences basées sur le genre en Guinée.

Thierno Amadou Diallo

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