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Éboulement à Dar-es-Salam : « J’ai perdu tous mes cinq enfants »

Un nouvel éboulement survenu dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026 à la décharge de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia, a semé la panique parmi les populations riveraines. Plusieurs personnes seraient mortes ou portées disparues, même si les autorités n’ont, pour l’heure, communiqué aucun bilan officiel.

Sur les lieux du drame, une forte mobilisation était visible ce dimanche. Plusieurs familles, plongées dans l’angoisse, se sont rendues sur place à la recherche de leurs proches, dont certains seraient toujours ensevelis sous les décombres.

Parmi les témoignages les plus poignants figure celui d’une mère de famille qui affirme avoir perdu ses cinq enfants dans l’éboulement : Yaya Kallo, M’Mah Kallo, Issiagha Kallo, Younoussa Kallo et Fanta Kallo.

En larmes, elle raconte ses derniers échanges avec son fils Yaya, quelques heures avant le drame.

« Moi, j’habite à Gbessia Cérème. C’est eux qui sont là. J’ai perdu tous mes cinq enfants : Fanta, Kallo, M’mah Kallo et Yaya Kallo… », a-t-elle témoigné, bouleversée.

Selon son récit, alors que de fortes pluies s’abattaient sur Conakry, elle avait demandé à son fils Yaya de rentrer et de fermer la porte.

« Hier nuit, j’ai appelé mon fils Yaya. Je lui ai dit qu’il pleuvait beaucoup et de rentrer fermer la porte. Il m’a répondu : “Maman, je suis là, je n’irai nulle part.” Vu qu’il pleuvait, je lui ai dit : “Yaya, mon cœur n’est pas tranquille. Tu sais que je suis rentrée sous la pluie.” », a-t-elle indiqué.

Préoccupée par la situation de ses enfants, la mère lui aurait également demandé s’ils avaient mangé. Face à la réponse négative de son fils, elle lui aurait demandé de retirer 20 000 francs guinéens de son compte afin de leur acheter de la nourriture.

« Je l’ai rappelé pour me rassurer que les enfants avaient bien mangé. Il a répondu oui. C’est ainsi qu’on s’est dit bonne nuit et moi, je me suis couchée », a-t-elle relaté.

Dévastée par la disparition de ses enfants, elle décrit une famille vivant dans des conditions difficiles.

« Nous sommes pauvres, on n’a rien. Je sors le matin, je rentre tardivement la nuit pour satisfaire aux besoins de mes enfants. Voilà maintenant qu’ils sont tous partis », a-t-elle ajouté, en pleurs.

Le drame touche également plusieurs autres familles du secteur. Mohamed Camara dit être sans nouvelles de ses deux enfants, Mohamed et Souleymane, âgés respectivement de 12 et 16 ans.

« Mes enfants Mohamed et Souleymane sont dans le bâtiment effondré. L’un a douze ans, l’autre 16. Depuis cet éboulement, je n’ai aucune nouvelle d’eux. Peu importe s’ils sont morts ou vivants, qu’ils m’aident à les avoir », a-t-il imploré.

Sur place, les familles restent mobilisées et attendent fébrilement les nouvelles des équipes de secours, avec l’espoir de retrouver leurs proches.

La présidente des femmes de Dar-es-Salam, Rachel Bangoura, affirme que cette catastrophe intervient malgré les nombreuses alertes lancées aux autorités sur les risques liés à la présence de la décharge à proximité des habitations.

« On a beau demander à l’État guinéen, mais voilà aujourd’hui où on en est », a-t-elle déploré.

Selon elle, les habitants avaient encore échangé avec les autorités quelques heures avant le drame.

« Même le vendredi, on était au Palais avec le ministre en charge. Ils nous ont dit que c’était aujourd’hui qu’ils allaient venir clôturer la décharge », a-t-elle expliqué.

Rachel Bangoura affirme que l’alerte aurait été donnée aux premières heures de la nuit.

« Hier, à 2 heures du matin, il y a des jeunes qui sont venus taper à ma porte, soi-disant qu’il y avait l’éboulement. C’est en ce moment qu’on est partis et qu’on a trouvé les secouristes sur place », a-t-elle raconté.

Mais alors que les secours tentaient de porter assistance aux personnes ensevelies, un second effondrement aurait aggravé la situation.

« Malheureusement, les gens qui sont venus secourir les autres, la décharge s’est effondrée sur eux vers 3 heures du matin », a-t-elle indiqué.

À ce stade, l’ampleur exacte de la catastrophe reste difficile à établir. Le nombre de personnes décédées ou portées disparues, tout comme celui des habitations touchées, n’a pas encore été officiellement communiqué.

Aminata Camara 

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