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Coyah-KM 36 : de 5 000 à 7 000 GNF, le tronçonnage des trajets fait grimper la facture

Sur l’axe KM 36-Coyah, le tronçonnage des trajets est devenu une source de mécontentement pour de nombreux passagers. Alors que le trajet direct entre le KM 36 et Coyah est fixé à 5 000 GNF, certains conducteurs préfèrent limiter leur course à Gomboya, où les passagers sont débarqués après avoir payé 3 000 GNF. Pour poursuivre leur chemin jusqu’à Coyah, ils sont alors contraints d’emprunter un second taxi et de débourser 4 000 GNF supplémentaires. Au total, le trajet leur revient ainsi à 7 000 GNF, soit 2 000 GNF de plus que le tarif du trajet direct.

Le tronçonnage abusif, ou découpage artificiel des trajets, semble ainsi s’installer dans les habitudes de certains chauffeurs. Sur l’axe Coyah-KM 36, les passagers qui empruntent quotidiennement ce trajet disent être régulièrement confrontés à cette pratique.

Pour mieux comprendre cette réalité, nous nous sommes rendus, en cette matinée de mardi, à la gare routière de Coyah. Sur place, plusieurs passagers attendent leur tour pour rejoindre leurs différentes destinations. De nombreux taxis sont également stationnés, mais certains restent quasiment vides.

Cette situation s’expliquerait notamment par la réticence des passagers à embarquer dans des véhicules qui ne desservent pas directement leur destination. Une pratique qui oblige les voyageurs à multiplier les changements et, par conséquent, les dépenses.

Parmi les passagers rencontrés, Pema Kalivogui, un jeune homme d’une vingtaine d’années, témoigne des difficultés auxquelles il est confronté pour rejoindre sa destination.

Selon lui, le phénomène est devenu presque habituel. Certains chauffeurs, explique-t-il, préfèrent effectuer uniquement une partie du trajet, obligeant ainsi les passagers à descendre avant leur destination finale.

« Le trajet n’est pas facile. L’État a fixé des tarifs en fonction de la circulation, mais comme les chauffeurs découpent les tronçons et poussent les passagers à payer plus que le tarif officiel, la situation devient vraiment compliquée. Par exemple, cela fait plus de dix minutes que j’attends pour aller à Dapompa ; beaucoup de taxis garés disent qu’ils ne vont que jusqu’à Gomboya, d’autres jusqu’au KM 36 ou Friguiadi, et je n’ai que le tarif du tronçon direct. Ça devient un vrai problème », explique-t-il.

Le cas du trajet KM 36-Coyah illustre particulièrement cette situation. Un passager qui devrait normalement payer 5 000 GNF pour effectuer directement le trajet peut se retrouver à payer 3 000 GNF jusqu’à Gomboya, avant de débourser encore 4 000 GNF pour rallier Coyah avec un autre taxi. Une multiplication des dépenses qui pénalise particulièrement les usagers qui effectuent quotidiennement ce déplacement.

Plusieurs autres passagers interrogés sur place confirment la même réalité. Pour eux, cette pratique ne représente pas seulement une perte de temps, mais également une charge supplémentaire sur leurs revenus quotidiens.

Du côté des chauffeurs, les explications avancées sont principalement liées au coût du carburant et aux difficultés de circulation. Après plusieurs refus de s’exprimer, un conducteur, qui a requis l’anonymat, accepte finalement de donner sa version.

« Nous achetons du carburant pour transporter six personnes jusqu’au KM 36, et pour cela, percevoir seulement 30 000 francs est très peu, car le trajet est long. Imaginez aussi que vous soyez confronté aux embouteillages, surtout à Sodefa. Tout cela nous pousse à ne pas prendre le direct », explique-t-il.

À quelques mètres de la gare routière de Coyah se trouve le bureau du service syndical, considéré comme l’instance locale chargée de défendre les intérêts des acteurs du transport routier. Sur cette situation, aucun entretien formel n’a toutefois été accordé à notre média.

Quelques membres présents dans les locaux ont néanmoins livré leur point de vue, sans véritable interview formelle.

« Même à Conakry, cette situation existe. Si cela n’a pas dérangé les citoyens et les autorités de Conakry, ce n’est pas à nous d’en répondre. Le gain d’un chauffeur sur un trajet direct n’est pas le même que sur plusieurs tronçons. Le gouvernement le sait, et vous aussi, en tant que journalistes. Nous ne pouvons pas répondre autrement à votre question », ont-ils indiqué.

Au-delà de l’axe Coyah-KM 36, le tronçonnage des trajets est régulièrement dénoncé par des usagers sur plusieurs axes de la capitale. Sur certains itinéraires, notamment entre T7 et Madina, des citoyens fustigent également cette pratique, qui entraîne une multiplication des changements de véhicules et une hausse du coût réel des déplacements.

Entre les tarifs officiellement fixés et les pratiques constatées sur le terrain, les passagers se retrouvent ainsi au cœur d’un véritable casse-tête : un trajet qui devrait coûter 5 000 GNF peut finalement leur revenir à 7 000 GNF, simplement parce qu’ils sont contraints de changer de taxi en cours de route.

Akoï Pascal Boré

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