Dans moins d’une semaine, les lampions de la 35ème édition de la Coupe d’Afrique des nations se seront éteints. Des 24 équipes engagées dans la compétition le 21 décembre, il n’en reste plus que quatre. Justement, celles que tous les observateurs s’accordent à reconnaître comme les plus aptes à figurer dans ce dernier carré d’as vont s’affronter au titre des demi-finales ce mercredi. Respectivement, Sénégalais et Egyptiens d’une part, Marocains et Nigérians de l’autre, croiseront le fer à 17 heures et à 20 heures. Des face-à-face à l’issue d’autant plus imprévisible que ces quatre équipes ont toutes des atouts à faire valoir. A condition toutefois que l’arbitrage ne vienne pas troubler la saine émulation attendue dans le sillage de ces rencontres. Car il faut bien l’admettre, depuis le début du tournoi, l’arbitrage fait l’objet de nombreuses critiques.
Entre Lions de la Téranga et Pharaons d’Egypte, il est difficile de prédire le vainqueur. Certes, la sélection sénégalaise, qui a infligé des scores de 3-0 respectivement au Botswana et au Bénin, puis un 3-1 au Soudan en huitièmes de finale, a démontré des qualités offensives confirmant son statut de favori. Mais cette appréciation doit être nuancée par le fait que les adversaires qu’elle a surclassés restent des équipes plutôt modestes. Face à la République démocratique du Congo, par exemple, les Lions n’avaient obtenu qu’un match nul. En quart de finale contre le Mali, s’ils ont globalement dominé la rencontre, ils ne l’ont emporté que sur le score de 1-0. Les hommes de Pape Thiaw proposent certes un jeu chatoyant, mais manquent parfois de réalisme devant le but. A l’inverse, la défense n’est plus aussi imperméable qu’on le dit.
Les Pharaons d’Egypte, emmenés par un Mohamed Salah qui dispute sans doute sa dernière CAN, ont pour leur part surtout fait valoir leur solidité, notamment lors du quart de finale face aux Éléphants ivoiriens, battus 3-2. Alors que les Ivoiriens partaient plutôt favoris, le sélectionneur Hossam Hassan a su mettre en place une équipe qui a littéralement anesthésié les hommes d’Emerse Faé. Détentrice du record de sacres dans la compétition avec sept trophées, l’Egypte peut également s’appuyer sur le poids de son histoire et sur un mental forgé par l’expérience des grands rendez-vous.
L’autre demi-finale, entre les Lions de l’Atlas et les Super Eagles du Nigeria, s’annonce tout aussi indécise. Sur le papier, l’équipe ouest-africaine semble disposer d’arguments solides, tant par la qualité de ses individualités que par la cohésion de son collectif. En quart de finale, face aux Fennecs algériens, les Nigérians ont imposé leur loi avec autorité. Volontaristes et déterminés, les hommes d’Eric Chelle peuvent notamment compter sur des atouts offensifs de premier plan, à l’image de Victor Osimhen, Ademola Lookman ou Akor Adams.
Cependant, il serait hasardeux d’enterrer trop vite les Marocains. S’ils n’ont pas toujours produit un jeu à la hauteur de leur statut de favoris, ils évoluent à domicile, et le soutien du public peut faire la différence à ce niveau de la compétition. Surtout que depuis leur victoire face aux Lions indomptables du Cameroun en quart de finale, les supporters marocains portent leur équipe avec ferveur. Il faut d’ailleurs reconnaître que ce match constitue, jusque-là, la prestation la plus aboutie du Maroc de Walid Regragui depuis le début du tournoi. Portés par cette dynamique, les Lions de l’Atlas ne sont plus qu’à deux marches d’un sacre historique à domicile.
Au bout des deux affiches de ce soir, il ne restera que deux rescapés, appelés à se disputer le trophée continental. Mais au-delà des pronostics et des statuts, c’est surtout la capacité de chaque équipe à gérer la pression, à faire parler son expérience et à se montrer efficace dans les moments décisifs qui fera la différence. Car à ce stade de la compétition, le talent seul ne suffit pas : il faut aussi du sang-froid, de la discipline et un brin de réussite pour espérer écrire son nom au palmarès de la CAN 2025.
Boubacar Sanso Barry


