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Le journaliste Ibrahima Sadio Bah recouvre la liberté après sa condamnation dans une « banalité rare »

Le journaliste Ibrahima Sadio Bah qui était détenu à la maison centrale de Conakry a été libéré ce mardi 11 mai 2021. Il avait été condamné le 4 février dernier à 6 mois de prison ferme et au paiement de 500 000 francs guinéens d’amende pour « diffamation, injures publiques et dénonciation calomnieuse », à l’encontre du président de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot), Antonio Souaré.

Après trois mois passés en prison, l’ancien officier média de la Feguifoot a recouvré la liberté. Son avocat avait interjeté appel de sa condamnation et les associations de presse avaient demandé sa libération tout comme celle du doyen Amadou Diouldé Diallo – détenu lui aussi à la Maison centrale de Conakry – le 3 mai dernier, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse.

Aboubacar Camara, le président par intérim de l’Union des radiodiffusions et télévisions libres de Guinée (URTELGUI), venu s’assurer de la libération effective du journaliste, est revenu sur les tractations qui ont abouti à cette heureuse issue. « Ce n’est que récemment que nous avons jugé nécessaire de faire appel au ministre [de la Justice] pour d’abord lui expliquer la situation. Après, il nous a demandé de lui donner du temps pour justement prendre connaissance du dossier pour essayer d’interpeller les différents acteurs afin de voir si la procédure a été respectée dans les jugements. On avait depuis trois jours demandé à rencontrer le ministre qui, lui aussi, parallèlement, se préparait. Et quand on est venus, on [lui] a exposé le problème. Il nous a montré l’arrêt qui a condamné Ibrahima Sadio Bah et dans ce même arrêt, l’appel qui avait été fait par le parquet qui relève de lui [Me Mory Doumbouya] », a-t-il expliqué.

Poursuivant, le président par intérim de l’URTELGUI a jugé déplorables les arrestations des journalistes en Guinée qui, selon lui, n’ont leurs places en prison. « C’est une violation de la loi L002 », a dénoncé M. Camara, qualifiant la décision du juge « d’extrême » alors que le parquet avait recommandé la relaxe d’Ibrahima Sadio Bah. « Ces personnes qui se prêtent à ce genre de pratiques doivent comprendre qu’elles répondront devant l’histoire parce que la presse est là », a-t-il assuré.

L’avocat du journaliste a, pour sa part, estimé que son client a été condamné dans une « banalité rare ».  « Je pouvais croire à tout sauf à son emprisonnement parce que même le parquet avait demandé la relaxe pure et simple. Malheureusement, le tribunal avait pris 6 mois d’emprisonnement [contre lui]. C’est difficile à avaler. À la limite, je ne sais pas comment qualifier cette décision de justice », a dénoncé Me Salifou Béavogui.

Le parquet avait recommandé au juge Alphonse Charles Wright de rendre le verdict du dossier du journaliste sur la base de la loi L002. Mais, à la surprise générale, le juge du Tribunal de première instance de Dixinn, avait préféré appliquer la loi sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel. Résultat, l’ancien collaborateur d’Antonio Souaré a été condamné à 6 mois de prison ferme et à 500 000 francs guinéens d’amende.

Ali Mohamed Nasterlin

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