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KANKAN : le journaliste Ahmed Sékou Nabé agressé par le commandant adjoint du camp militaire

Alors que la liberté de la presse avait connu une nette amélioration depuis le coup d’État qui a porté au pouvoir la junte militaire dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya, ces dernières semaines plusieurs journalistes ont été victimes d’agressions ou d’intimidations de la part des militaires occupant des hautes fonctions dans l’appareil sécuritaire étatique. Le dernier cas en date est celui relatif à l’agression d’Ahmed Sékou Nabé, journaliste-reporter au groupe Hadafo Médias Kankan et correspondant sur place du site d’informations Mediaguinee.com, ce matin lors d’une couverture médiatique.

Son seul crime aura été de couvrir le démarrage des opérations de dégagement des encombrants physiques le long de la nationale Kankan-Kouroussa au quartier Missiran, dans la commune urbaine de Kankan. L’auteur de l’agression de notre confrère n’est autre que le commandant-adjoint de la troisième région militaire de Kankan, le colonel Charles Kolipé Lamah.

Encore sous le choc, Ahmed Sékou Nabé est revenu sur l’agression dont il a subi. « Nous avons été informés du début des opérations de dégagement des emprises des voies publiques. Aussitôt, je me suis rendu sur le terrain avec deux confrères. On a trouvé l’équipe de déguerpissement à Missira entrain de dégager le hangars d’un restaurant, j’ai sorti mon téléphone et j’ai commencé à prendre des images. Entretemps, un militaire m’a demandé pourquoi je prends les images, je lui ai dit que je suis de la presse en lui montrant le gilet et le badge que je portais. Ce dernier nous a dit de faire notre travail. Quand ils ont fini de dégager le hangar du restaurant, ils sont partis vers un autre hangar. Comme j’avais garé ma moto un peu loin des lieux, je suis parti prendre ma moto et je l’ai déplacée pour envoyer auprès de là où l’équipe de déguerpissement était, je me suis approché d’eux et j’ai recommencé à prendre des images, c’est là-bas que le colonel Kolipé Lamah m’a vu et est venu me demander pourquoi je prends les images, je lui ai dit aussi que je suis de la presse. Il a insisté en demandant quelle presse. Je lui ai montré le gilet et le badge que je portais mais il n’a rien voulu savoir. Il m’a tiré et poussé jusqu’au bord du goudron, je n’ai rien dit, j’ai pris mon téléphone et je l’ai mis dans ma poche. Il m’a dit de lui donner mon téléphone pour qu’il supprime les images. Je n’ai pas accepté, entre temps il m’a tiré et avec l’aide d’un autre militaire ils ont réussi à prendre mon téléphone. Ils ont voulu tout supprimer, il y a d’autres même qui disaient de réinitialiser le téléphone, mais c’était verrouillé. Le colonel Kolipé m’a forcé à mettre mon empreinte digitale pour déverrouillé le téléphone. Ils sont rentrés dans la galerie et ont supprimé toutes les images que j’avais prises, tout, même celles qui ont été prises ailleurs. Pendant qu’on vidait mon téléphone, le colonel Kolipé m’a menacé en disant que s’il voit une seule de ces images sur la toile, qu’il va m’attraper. Il a regardé mon badge et a vu mon nom. Il m’a dit : « Ahmed Sékou Nabé, je te connais très bien. Si je vois une seule de ces images sur la toile je vais t’attraper, je dis bien si je vois une seule image je vais t’envoyer à la justice ». Je voulais parler, il m’a dit : « Si tu prononces un seul mot je vais te gifler ». Il avait la main soulevée et était prêt à le faire, donc je n’ai rien dit. Ils ont fini de supprimer les images dans mon téléphone et me l’ont remis. Après ils ont commencé à nous chasser de force comme si nous étions des chiens, c’est ainsi que mes deux collègues et moi avons pris nos motos pour libérer les lieux », a relaté notre confrère.

Sollicité pour expliquer les raisons de cette agression à endroit du journaliste qui ne faisait que son travail,  le colonel Charles Kolipé Lamah a refusé de répondre nos questions.

Aux dernières nouvelles, les autorités militaires auraient présenté des excuses au journaliste agressé et à la section locale du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG).

Michel Yaradouno, Kankan pour Ledjely.com

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