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Crise à l’Agence anticorruption : une fronde contre le secrétaire exécutif

Le climat est électrique à l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption et de Promotion de la Bonne Gouvernance (ANLC-PBG). Ce mardi 3 juin, les travailleurs de l’institution ont exprimé leur profond mécontentement en empêchant le secrétaire exécutif, Dr Mohamed Bérété, d’accéder à son bureau. Selon des sources internes, cette action coup de poing a été suspendue après une intervention directe de la Présidence de la République, qui a engagé des discussions d’urgence pour désamorcer la crise.

À l’origine de cette fronde, une plateforme revendicative de huit points que les employés, venus de Conakry et de plusieurs régions du pays, ont adressée aux autorités. Parmi les griefs majeurs figure le rejet d’un nouvel organigramme élaboré unilatéralement par Dr Bérété, sans concertation avec les cadres de l’institution ni son adjoint.

« Il a réduit drastiquement le personnel, supprimé les frais de carburant, et diminué les salaires de 70 %, sous prétexte que la présidence lui aurait donné mandat », dénoncent les protestataires. Ils exigent la réhabilitation immédiate de leurs droits et le renouvellement des contrats des agents mis à l’écart.

Le document revendicatif appelle également à la mise en œuvre du rapport de la retraite de Kindia, qui proposait un organigramme validé collectivement. Les travailleurs réclament en outre la création d’une cellule syndicale et la clarification du rôle du conseil d’administration dans la gouvernance de l’Agence.

Un point particulièrement sensible concerne une somme de 4 milliards de francs guinéens, représentant 10 % des 40 milliards mobilisés au trésor public par l’Agence en 2023. « Nous voulons savoir où est passé cet argent. Personne n’en connaît la destination », s’interrogent-ils, demandant des comptes au secrétaire exécutif.

Face à ce qu’ils qualifient de dérives autoritaires et de mauvaise gestion, les travailleurs réclament sans détour le départ de Dr Mohamed Bérété. « Il n’est pas à la hauteur pour diriger cette institution stratégique », estiment-ils, appelant à la nomination d’un « leader visionnaire, rassembleur et progressiste ».

La Présidence, désormais impliquée, saura-t-elle calmer la tempête à l’ANLC-PBG ? L’enjeu est de taille pour une institution censée incarner l’éthique et la transparence dans la gouvernance publique.

N’Famoussa Siby

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