Nommé à la tête du Sily national de Guinée, Paulo Duarte, 56 ans, hérite d’une mission à la fois colossale et délicate : redresser une équipe en perte de vitesse, engluée dans les contre-performances. Dans les rues de Conakry, une question brûle les lèvres : est-il vraiment l’homme de la situation ? Le profil idéal pour guider la Guinée vers les sommets du football africain ? Pour tenter d’y voir plus clair, Ledjely.com a tendu le micro à un journaliste sportif, un analyste et un entraîneur.
Pour Hamid Bangoura, journaliste sportif, le choix de Duarte n’a rien de renversant.
« Il faut reconnaître que c’est un entraîneur qui a fait le tour de plusieurs sélections africaines, notamment le Burkina Faso, le Gabon et le Togo. Pourquoi ? Pour juste avoir une troisième place à la CAN. Pour un pays ambitieux, je pense qu’on aurait pu trouver mieux. Et puis un contrat de deux ans, c’est juste une campagne d’éliminatoires et une CAN. Alors que, sur les exigences de la FGF, il était mentionné d’octroyer un contrat durable pour permettre de bâtir une vraie équipe. Sur deux ans, je ne sais pas si on va se concentrer sur les éliminatoires ou construire une équipe compétitive. Le contrat n’est pas conforme au projet et le profil du sélectionneur est très minimaliste », a-t-il indiqué.
De son côté, Thierno Saidou Diakité, analyste sportif, se veut plus mesuré.
« On avait besoin d’un entraîneur expérimenté qui a surtout du vécu pour pouvoir diriger le Sily national. Mais il faut surtout le mettre dans les meilleures dispositions pour qu’il atteigne ses objectifs, en nous permettant de jouer une demi-finale, une finale ou même remporter la CAN. Je pense que si tout ce qui doit être fait en dehors et sur le terrain est fait à la lettre, il pourra nous tirer d’affaire », a-t-il expliqué.
Pour sa part Mohamed Tamba Millimono, ancien coach des Éléphants de Coleah, garde confiance dans le processus qui a mené à sa nomination.
« Moi, je ne connais pas personnellement le coach. Mais avec tout le travail qui a été fait du début jusqu’à la fin par la FGF, les différents dossiers fouillés, si le choix est tombé sur lui, je pense qu’il l’a mérité. Avec son expérience, il pourra peut-être atteindre ses objectifs. Mais tout cela dépendra de l’environnement, car on peut être très bon ici et être mauvais ailleurs », a-t-il signalé.
Paulo Duarte aura rapidement l’occasion de prouver sa valeur. Ses premiers tests sont attendus dès septembre, lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.
Lonceny Camara


